Economie

en Ile-de-France, septembre sera « gris »

La tour Eiffel, depuis le Grand Palais éphémère installé sur le Champ-de-Mars, à Paris, le 9 juin 2021.

A force qu’il ne revienne jamais, on se racontera bientôt le Paris touristique comme une légende bretonne, les groupes de Japonais remplaçant les korrigans : « Certains disent que, à l’époque, il fallait faire la queue pour monter sur la tour Eiffel… » Au printemps 2020, les hôteliers guettaient septembre. A l’automne, ils attendaient le printemps 2021, et c’est un cycle qui leur semble désormais sans fin car la rentrée se présente, mais pas les clients. Les vigies sortent la longue-vue : déjà, on allume un cierge pour les fêtes de fin d’année.

Début août, un tiers seulement des professionnels interrogés par le comité régional du tourisme anticipaient une évolution positive de leur activité à la rentrée. « Les échos que j’ai sont catastrophiques, assure Franck Trouet, délégué Ile-de-France du Groupement national des indépendants (GNI), une organisation patronale de l’hôtellerie-restauration. Et on ne peut pas penser que c’est la faute au passe sanitaire – ce n’est pas le problème à Paris, où les clients ont le passe. Mais tant que l’épidémie ne reflue pas durablement, on ne peut pas espérer que l’activité redémarre. »

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Moins catastrophiste, Emmanuel Sauvage, patron du groupe haut de gamme Evok Hôtels, entrevoit « des voyants au vert grâce au passe sanitaire, qui permet d’organiser des événements ». « Les possibles mouvements sociaux et les difficultés de recrutement » l’inquiètent davantage qu’un niveau de réservations qui reste bas, entre 25 % et 30 % en septembre dans ses quatre hôtels parisiens.

Eté maussade

L’été fut, sans surprise, aussi maussade que la météo, quoiqu’en progression comparé à 2020. L’Ile-de-France, où le tourisme représente 9 % de l’emploi salarié et 7 % du produit intérieur brut, a regardé avec envie les littoraux déborder de monde, à peine perturbés par l’irruption du passe sanitaire au cœur de l’été.

La tour Eiffel compte trois fois moins de visiteurs qu’à la même période en temps normal, le Louvre, quatre fois moins

La Compagnie des bateaux-mouches n’a vogué que le week-end, à partir de la fin juillet. La clientèle de proximité a assuré la fréquentation du Parc Astérix et de Disneyland Paris, où la jauge de 28 000 visiteurs quotidiens est régulièrement atteinte, selon une source syndicale. Mais la tour Eiffel compte trois fois moins de visiteurs qu’à la même période en temps normal, le Louvre quatre fois moins. Les Français y sont en majorité.

Selon l’Office du tourisme et des congrès de Paris, le Grand Paris aura attiré entre 3,6 et 4,7 millions de touristes entre juin et août, soit moins de la moitié du chiffre de 2019. Les réservations ont, en juillet, suivi une courbe inverse de celle du variant Delta.

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