Economie

Le travail post-Covid-19 : par ici le bureau

Chefs d’entreprise et DRH vont s’arracher les cheveux pour convaincre les salariés de reprendre le chemin du bureau. A quelques jours de la rentrée de septembre, ils réalisent que s’organiser du jour au lendemain pour mettre tout le monde en télétravail au coup de sifflet du printemps 2020 aura été la partie facile en comparaison des efforts à déployer désormais pour faire revenir chacun.

Parce que certains ont réussi à télétravailler efficacement, on peut entendre des phrases comme : « Non, je ne viens pas au bureau aujourd’hui, j’ai trop de travail. »

Plutôt que des réaménagements et des accords sur le télétravail, les premiers dix-huit mois de crise sanitaire ont surtout généré des vagues de consultations d’employés sur « le retour au travail ». Employeurs, promoteurs immobiliers, fabricants de bureau…, tous ont désormais en stock quantité d’études sur « les priorités des employés » pour retrouver leur poste « en présentiel ».

Puisqu’à ces grandes enquêtes on croit bon de répondre avec des arguments rationnels, leurs synthèses commencent traditionnellement par un paragraphe sur la priorité sanitaire. A la rentrée, il faudra s’attendre à continuer à voir des plaques de Plexiglas, des fléchages en ruban adhésif blanc et rouge pour indiquer les sens de déplacement, des cartons ostentatoires indiquant les dates de nettoyage de surface, tout cela sera aussi visible qu’inutile face au principal risque, celui de la contamination aérosol. « C’est un peu comme le vigile à côté d’un flacon de gel à l’entrée des grands magasins, ça ne sert pas à grand-chose mais ça dit “on fait attention” », observe Mickael Locoh, directeur général de Steelcase France, spécialiste de mobilier de bureau.

Emergent aussi de ces rapports des thèmes comme le besoin de socialisation ou de reconnexion avec la nature. L’avenir, si on en croit les désirs exprimés, ressemble à un coworking de luxe. On prédit de la restauration haut de gamme, des programmes de coaching le lundi sur site et de yoga le mardi, des petits déjeuners offerts à ceux qui arrivent avant 9 h 30…

L’émergence de l’« expérience collaborateur »

A lire ces synthèses, les grands bailleurs de bureaux comme Icade vont se transformer en agences d’événementiel. Ils ne vendront pas seulement des mètres carrés, mais « une expérience collaborateur » (pour rappel, on a commencé à ­parler d’« expérience client » quand celle-ci est devenue catastrophique).

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