Economie

Les céréaliers profitent de la flambée des cours du blé

Moisson de blé à Saint-Philbert-sur-Risle (Eure), le 13 août 2021.

Au vendredi 20 août, les moissons ne sont toujours pas terminées. Dans le nord de la France, comme en Normandie, des moissonneuses-batteuses sont encore dans le feu de l’action. Cette année, la récolte de céréales, démarrée tardivement, joue les prolongations.

Malgré les épisodes pluvieux, qui ont compliqué la tâche dans les champs, le moral est quasi au beau fixe. Pour Jean-François Loiseau, président de la coopérative céréalière Axéréal, « 2021 est plutôt une belle année, cela fait plaisir ». Dans un monde agricole guère enclin à crier sur les toits ses motifs de satisfaction, le jugement prend tout son sens.

Même son de cloche auprès de Benoît Piétrement, président du conseil spécialisé « grandes cultures » de FranceAgriMer. « Au niveau économique, c’est plutôt une bonne année. La surprise est venue des cours très soutenus. Ils ont commencé à progresser à l’automne 2020 et continuent à tenir », affirme-t-il. Les cours des céréales ont même flambé en août. Pour preuve, la tonne de blé tendre livrée à Rouen a franchi le seuil des 250 euros. « Il faut remonter à janvier 2013 pour retrouver des niveaux équivalents », souligne Nathan Cordier, du cabinet Agritel.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Du pain bénit pour les céréaliers »

Le grain doré donne le ton et entraîne dans son sillage les autres céréales. A l’exemple du blé dur, qui se négocie à près de 335 euros la tonne dans le port de La Pallice, à La Rochelle (Charente-Maritime). Ou de celui de l’orge de brasserie, vendu à 270 euros la tonne. Du jamais-vu depuis 2011. Ce rebond des cours est du pain bénit pour les céréaliers français. Comme toujours sur ces marchés, il est très lié à la situation internationale.

Un volume de grains disponibles important en 2021 en France

« Avec la sécheresse qui a touché le Canada, provoquant des incendies dans l’ouest du pays, les récoltes sont catastrophiques. La production de blé pourrait y passer de 35 millions de tonnes en 2020 à 24 millions de tonnes cette année », estime M. Cordier. Les yeux des analystes se tournent également vers la Russie. « Il y a une déception sur le niveau de récolte en Russie. Elle pourrait y atteindre 72,5 millions de tonnes, à comparer aux 85 millions de tonnes attendues », précise M. Cordier. Or, en parallèle, la demande est toujours forte. Que ce soit en Chine, en Afrique, au Maghreb ou en Egypte, le rythme des importations ne faiblit pas.

Dans ce contexte, la France défend ses positions sur le marché mondial. « Nous exportons la moitié de notre production de blé, dont un quart en Europe, et le solde hors des frontières des VingtSept », rappelle M. Loiseau. En 2020, les exportations françaises de céréales ont représenté un montant total de 7,18 milliards d’euros, dont 3,84 milliards pour le blé.

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