Santé

Les bébés dépensent 50 % d’énergie en plus que les adultes


Les tout-petits ne dépensent pas seulement de l’énergie pour leur croissance et en s’agitant dans tous les sens : leur métabolisme est aussi incroyablement élevé par rapport à celui des adultes. Le taux métabolique, qui reflète l’activité cellulaire, montre ainsi d’étonnantes variations au cours de la vie.

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Chacun d’entre nous se souvient avec nostalgie de l’époque bénie où nous pouvions engloutir cinq pains au chocolat sans prendre un gramme. Une faculté pas seulement liée aux besoins accrus dus à la croissance, mais aussi à un métabolisme beaucoup plus actif, comme le constate une nouvelle étude de l’université de Duke aux États-Unis. « Les nourrissons âgés de 9 à 15 mois dépensent 50 % plus d’énergie sur une journée que les adultes, proportionnellement à la taille du corps, témoigne ainsi Herman Pontzer, professeur d’anthropologie évolutionniste et principal auteur de l’étude parue dans ScienceIls brûlent de l’énergie tellement rapidement qu’on pourrait presque les considérer comme une espèce différente. »

L’équipe a analysé la moyenne des calories brûlées par plus de 6.600 personnes depuis l’âge d’une semaine jusqu’à 95 ans, en regroupant les résultats de différentes études utilisant la technique dite de l’eau doublement marquée, permettant de calculer la dépense énergétique totale (métabolisme de base et activité physique). Cette vaste mise en commun a révélé quelques surprises. « Le moment de nos “étapes métaboliques de la vie” ne semble pas correspondre aux grands jalons de l’existence, comme la puberté ou la ménopause », explique Herman Pontzer.

À leur naissance, les bébés ont le même taux métabolique que leur mère. Mais dès l’âge de 9 mois, ce dernier augmente rapidement jusqu’à brûler 50 % de calories en plus jusqu’à 15 mois. « Et ce n’est pas seulement parce que les nourrissons triplent leur poids sur cette période. Bien sûr, ils grandissent, mais même en éliminant cette variable, leur dépense énergétique augmente bien plus que ce à quoi on pourrait s’attendre », souligne Herman Pontzer.

Le métabolisme ralentit de 0,7 % par an après 60 ans

Après cette poussée initiale, le métabolisme ralentit d’environ 3 % chaque année jusqu’à la vingtaine, où il se stabilise durant tout l’âge adulte. Ainsi, bien que l’adolescence se caractérise par une phase de croissance élevée, les chercheurs n’ont pas constaté d’augmentation particulière du métabolisme à cette période. La deuxième surprise, c’est que la prise de poids que l’on observe souvent vers la ménopause n’est pas associée à une baisse du métabolisme. « Nos données montrent que ce dernier ne commence vraiment à décliner qu’après l’âge de 60 ans, et encore à un rythme relativement lent, autour de 0,7 % par an », détaille Herman Pontzer.

À la fin de sa vie (vers les 90 ans), une personne âgée aura ainsi besoin de 26 % de calories en moins chaque jour qu’une personne de 40 ans. Ce phénomène s’explique en partie par la perte de masse musculaire associée au vieillissement (le muscle brûlant plus de calories au repos que la graisse), mais pas seulement. « Même en contrôlant la masse musculaire et l’activité physique, on voit que le métabolisme est plus lent parce que l’activité cellulaire ralentit. » Ceci explique par exemple pourquoi les personnes âgées cicatrisent plus lentement après une blessure.

Le cerveau des enfants, un gouffre énergétique

Concernant les tout-petits, l’accélération du métabolisme pourrait s’expliquer par les changements dans le développement du cerveau, un organe particulièrement consommateur d’énergie. En 2014, une précédente étude avait ainsi calculé que le cerveau consommait jusqu’à 43 % de l’énergie totale dépensée durant l’enfance. Ces besoins très importants rendent les jeunes enfants particulièrement vulnérables à des carences durant cette période, souligne Herman Pontzer. « Ils sont très exposés à un retard de croissance et aux maladies s’ils n’obtiennent pas les calories dont ils ont besoin à cette période », insiste le chercheur. De même, leurs cellules métabolisent les médicaments plus rapidement que celles des adultes, ce qui signifie qu’ils peuvent avoir besoin de doses plus fréquentes.

« Tout cela nous montre que le métabolisme tissulaire, le travail fourni par nos cellules, varie au cours de la vie d’une manière que nous ne soupçonnions pas jusqu’à présent », conclut Herman Pontzer. Et peu importe si vous faites trois heures d’abdominaux par jour ou que vous restez collé sur Facebook toute la journée.

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