Auto-Moto

« il faut demeurer réaliste avec Alpine »

Dans notre interview, le patron d’Oreca évoque le rôle de son entreprise auprès de Toyota, sa domination en LMP2 ou encore le futur de l’endurance.

La 89e édition des 24h du Mans sera un moment unique pour Hugues de Chaunac. Son entreprise, Oreca, poursuit sa collaboration avec Toyota. Dans le même temps, 23 voitures fabriquées dan ses ateliers seront alignées sur la grille de départ en LMP2. Sans compter sa participation au projet Alpine-Signatech, dans la catégorie reine. Discussion avec un homme pressé.

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Auto Moto – Cette année, Alpine joue les premiers rôles avec un châssis conçu par Oreca. L’an dernier, la voiture avait terminé 2e, sous le nom de Rebellion R13. Comment a-t-elle évolué ?

Hugues de Chaunac – Elle n’a pas forcément beaucoup évolué, mais elle doit répondre à une règlementation réduisant sa performance par rapport aux nouvelles Hypercars, à l’image de la Toyota. En sport automobile, on a plutôt l’habitude de rechercher une amélioration. Il n’y a pas eu de développement, mais une adaptation pour conserver l’équilibre, tout en augmentant le poids et en réduisant la puissance de la voiture. Alpine n’engage qu’une seule voiture. Dans cette situation, on est toujours plus en risque par rapport aux événements qu’on ne peut contrôler : accrochages, sorties de route, etc. Il y a une grosse attente autour d’Alpine, mais il faut aussi demeurer réaliste.

Le favori demeure Toyota, avec la GR010. Quel est aujourd’hui le rôle d’Oreca auprès de la marque japonaise ?

C’est un partenariat technique sur l’exploitation de la voiture. Nous ne sommes pas du tout intégrés dans la conception ou la construction de la GR010. En revanche, nous fournissons un certain nombre de mécaniciens. Notre directeur technique est également totalement impliqué dans la stratégie de course. On a légèrement réduit les effectifs, qui étaient beaucoup plus nombreux au début du programme (en 2012, ndlr). L’équipe Toyota est entre-temps montée en puissance, mais nous avons conservé le même principe.

23 exemplaires de votre Oreca 07* seront alignés dans la catégorie LMP2, soit plus de 90 % des effectifs dans cette classe. Comment expliquer le succès commercial de votre prototype ?

L’une des clés est dans sa réussite technique. Mais je pense que c’est aussi beaucoup lié au support que nous offrons à nos clients. On a une équipe de techniciens qui assistent les différents teams et se montrent extrêmement réactifs face aux problèmes que peuvent rencontrer les équipes. Au départ du cycle actuel, en 2017, l’Automobile club de l’Ouest et la Fédération internationale automobile avaient sélectionné quatre constructeurs pour le LMP2 : Multimatic, Dallara, Ligier et Oreca. Sur le papier, cela signifiait que nous allions nous partager chacun un quart du plateau. La première année, c’était le ratio que l’on retrouvait en piste. Petit à petit, les clients Oreca se sont montrés satisfaits et ceux de nos concurrents l’étaient un peu moins. Vous le savez, dans un paddock, on échange sur à peu près tout. Progressivement, on a continué de vendre des voitures (un peu plus de 70 châssis à 483 000 € construits à ce jour, ndlr) parce qu’un certain nombre d’écuries ont changé de voiture. On s’est retrouvé de facto – et ce n’était pas prévu au départ – fournisseur de la majorité des teams dans la majorité des championnats d’endurance, aux États-Unis, comme en Europe.

Ces derniers mois, on a appris que Ferrari, Porsche, Audi ou BMW revenaient en endurance. Y a-t-il encore d’autres constructeurs intéressés ?

D’autres y pensent, ce qui ne veut pas dire qu’ils vont venir. Les nouveaux règlements ont drastiquement réduit les coûts et les budgets sont maintenant très raisonnables pour les constructeurs. Même si, aujourd’hui, on pense beaucoup à l’électrique, le sport automobile reste un sport passion, très attractif. Et pour répondre à votre question, d’autres constructeurs regardent le sujet : McLaren, Ford, Mercedes… Tous ne viendront pas, car à un moment donné, toutes les marques ne peuvent pas s’investir dans une même discipline en même temps, car il n’y a qu’un gagnant, et des perdants.

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J’imagine que vous parlez à ces gens…

Vous imaginez bien ! (rires, ndlr)

Photo : Alexis Goure / Oreca

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