Economie

Abritel assigné par la répression des fraudes pour sa gestion des escroqueries

Cette somptueuse villa au Cap Ferret, Henri Lavaure ne la possédait pas vraiment. Pas plus que Ludovic Gayral n’était propriétaire d’une maison sur l’île de Ré. Mais, sous ces identités usurpées, des escrocs mettaient des biens en location sur la plate-forme Abritel, invitaient les loueurs à les contacter par courriel et se faisaient virer quelques milliers d’euros – un prix légèrement en dessous du marché pour ces destinations très prisées – sur un compte en banque à l’étranger. Sur place, les véritables propriétaires ne pouvaient qu’éconduire les vacanciers.

Selon les victimes présumées de ces arnaques, Abritel a fait preuve de négligence et s’est dispensé de ses responsabilités en tant qu’intermédiaire. C’est aussi l’avis de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a annoncé, mardi 17 août, avoir assigné la plate-forme de location d’hébergements de vacances devant le tribunal judiciaire de Paris pour « pratique commerciale trompeuse ».

Une mauvaise publicité pour ce pionnier du secteur en France, lancé en 1997 et depuis racheté, comme son concurrent Homelidays, par HomeAway, une filiale du géant américain du tourisme Expedia. HomeAway est devancé en France par son concurrent Airbnb. Mais l’affaire a un impact sur l’ensemble des sites d’intermédiation, historiquement en butte au déficit de confiance des consommateurs.

Abritel dit avoir « clairement alerté » ses utilisateurs

Ce sont des signalements d’utilisateurs d’Abritel, à la fin de l’année 2019, qui ont poussé le service de Bercy à s’intéresser aux mesures mises en place par le site. « Sur le site Internet et l’application mobile, l’accent était mis sur la confiance, la fiabilité, la sécurité et les garanties offertes par la plate-forme. Mais l’enquête a montré que dans ses conditions générales, la plate-forme ne s’engageait pas à la hauteur de ce que promettait sa communication, explique-t-on à la DGCCRF. Selon nous, il y a une contradiction entre les promesses commerciales et le résultat final. Des annonces signalées comme frauduleuses ont été remises sur la plate-forme. On comprend qu’il existe des contrôles des annonces a priori mais leurs résultats ne sont pas concluants. »

Le site dit avoir « toujours clairement alerté sur la nécessité d’utiliser l’outil de paiement en ligne mis à disposition par la plate-forme afin de sécuriser les réservations ». Dans un communiqué, Abritel ajoute : « Nous sommes très confiants sur le fait que nous pourrons démontrer au tribunal la réalité de nos efforts constants pour inciter les vacanciers à faire preuve de prudence et à ne pas effectuer de virements en dehors de notre plate-forme. »

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