Economie

Ubisoft Singapour visé par une enquête

Ubisoft est un développeur français de jeux vidéo fondé en 1986.

Un organisme singapourien de surveillance de l’emploi va lancer une enquête sur les conditions de travail au sein d’Ubisoft Singapour après des accusations de discrimination et de harcèlement sexuel, d’après un article du quotidien The Straits Times publié mardi 17 août.

Ce studio asiatique du développeur français de jeux vidéo – notamment connu pour la franchise Assassin’s Creed – a fait l’objet d’un signalement auprès de la Tripartite Alliance for Fair and Progressive Employment Practices (Tafep). Cet organisme émanant à la fois du ministère du travail, des syndicats et du patronat n’a pour le moment pas répondu aux sollicitations du Monde.

Selon le journal singapourien, un signalement anonyme a été réalisé auprès de la Tafep le 23 juillet. Il se fonde « sur des articles de presse contenant des allégations de harcèlement et de traitements discriminants chez Ubisoft Singapour ». L’article précise également que ce signalement devrait être suivi d’une enquête interne au sein des studios et que des témoins et victimes supposés de ces agissements devraient êtres interrogés.

« Nous sommes au courant du retour fait à la Tafep », a indiqué au Monde un porte-parole d’Ubisoft. « Comme il y a des discussions en cours, nous n’avons rien à partager pour le moment. » a-t-il ajouté. La suite de la communication vient répondre aux accusations sans en dire plus sur l’enquête :

« Chaque studio d’Ubisoft, et cela inclut Ubisoft Singapour, s’efforce de créer et de favoriser une culture dont les équipes et les partenaires puissent être fiers. Nous ne tolérons ni ne tolérerons aucune discrimination ni abus. Nous apprécions notre culture internationale et nous nous assurons que nos équipes fassent partie intégrante de leur communauté locale respective. »

Des témoignages publiés en juillet

Des accusations ont notamment émané d’une publication du 21 juillet sur le site spécialisé Kotaku. Mentionnant une vingtaine de témoignages anonymes d’employés et d’ex-employés, l’article dénonce un environnement de travail et un management qualifiés de « toxiques ». Il évoque aussi une série de discriminations – notamment des écarts salariaux importants entre les expatriés et les employés locaux, une évolution de carrière plus difficile « pour les employés d’Asie du Sud-Est et les femmes » tandis que les employés parlant Français auraient été favorisés.

Des faits de harcèlement sont aussi cités par Kotaku, et des témoignages déplorent le manque d’écoute au niveau des ressources humaines. Cet article met aussi en cause la gestion du studio par son ancien directeur général, écarté en novembre 2020 puis muté dans une antenne parisienne de l’entreprise.

Le géant français du jeu vidéo compte 19 000 employés répartis dans des studios dans le monde entier. En 2020, il a été touché par des scandales liés à des accusations de harcèlement contre des cadres de l’entreprise. Cette vague de dénonciations s’est ensuite soldée par plusieurs départs précipités.

Lire aussi : Des salariés d’Ubisoft racontent une année de scandales, d’accusations et de remises en cause

Le 28 juillet 2021, une lettre signée par plus de 1 000 employés et ex-employés d’Ubisoft demandait plus de changements au sein de l’entreprise. Diffusée en soutien aux salariés d’Activision Blizzard, un géant du jeu vidéo américain visé par une plainte pour des faits de harcèlement sexuel, cette lettre évoque « une année de mots doux et des promesses vides » venant de leur direction.

Depuis son ouverture en 2008, Ubisoft Singapour a notamment collaboré à tous les jeux Assassin’s Creed lancés ensuite par l’entreprise. Le studio est aussi connu pour être chargé de son propre projet : le jeu de pirates Skull & Bones. En développement depuis 2013, cette aventure en monde ouvert a cependant été reportée à plusieurs reprises et sa sortie est actuellement fixée à 2022.

Le Monde




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