Economie

Dans le Nord, la « vie de château » pour onze seniors

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Publié aujourd’hui à 00h36, mis à jour à 06h00

« Je suis à Versailles ici ! », s’est esbaudie Jacqueline Dewaele en découvrant le monumental escalier, les murs aux boiseries sculptées, les immenses cheminées tapissées de faïence de Delft, la fresque géante du grand salon et sa chambre de 40 m2. L’ancienne institutrice de 83 ans vit depuis avril 2019 dans le plus grand hôtel particulier du boulevard Watteau, au cœur du quartier le plus bourgeois de Valenciennes (Nord). « Maison de famille pour personne âgées », lit-on sur la haute façade en briques rouges.

Dans le salon au rez-de-chaussée de la Maison Delame, à Valenciennes dans le Nord, le 6 juillet 2021.

Son nom est gravé sur une petite plaque en cuivre sur la porte d’entrée en chêne. A côté de la sonnette, on lit aussi celui de Chantal Lannoy et ceux d’autres locataires. En ce début juillet, Mme Lannoy, 89 ans, veuve d’un directeur d’usine, joue à la manille dans le salon de musique près du piano à queue. Autour de la table, Jacques Bruge, 80 ans et ancien animateur de maisons des jeunes et de la culture, Gisèle Coquel, 93 ans, ex-employée d’un grand magasin de la ville. Assise dans une bergère, Anne-Marie Derycke, 84 ans, longtemps chercheuse à l’université de Lille, observe le trio.

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Chacun a une bonne raison de vivre ici. Mme Derycke a des « petites pertes de mémoire » qui rendaient « compliqué » son maintien à la maison. Mme Coquel est venue chercher de la compagnie. « La solitude ne me réussissait pas », glisse l’alerte nonagénaire qui gravit allègrement le grand escalier et arpente les pièces de réception en enfilade, chaque jour, « une demi-heure pour s’entretenir ». « Ma fille m’a fait ce cadeau en m’installant ici après mon AVC, confie Mme Dewaele. Une maison luxueuse, des gens accueillants… Je vis sereinement dans une semi-autonomie. »

« Comme dans un roman de Balzac »

« On s’est dit que pour attirer du monde, il nous fallait trouver une très belle maison ! », reconnaît Vincent Delauney, le propriétaire du lieu bâti au XIXe siècle, qu’il a rebaptisé « Watt’Home ». « Ici, on est dans une pension de famille comme dans un roman de Balzac », sourit-il, mais une pension uniquement pour seniors. L’idée paraît simple, mais le projet était un « ovni », quand il a décidé de se lancer en 2016. Aujourd’hui, la loi ELAN de 2018 le répertorie comme « un habitat inclusif », mot-valise qui désigne toute cohabitation entre seniors ou personnes handicapées, regroupés autour d’un « projet de vie sociale et partagée ».

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