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L’endroit où il fait beau toute l’année

Il fait beau toute l’année, à Ténérife (25° l’hiver), la reine des îles Canaries. On la surnomme «  l’île du printemps éternel  », pour sa météo clémente due aux îles proches de l’Afrique et aux alizés du nord-est. Au sud, il pleut rarement, au nord, les nuages s’amoncellent volontiers au dessus du Teide, le volcan (3715 m), point cardinal entre les deux zones. En une heure, l’hiver, on passe de la bronzette à la plage aux boules de neige dans le parc national du Teide. Sillonner Ténérife de long en large, cela donne à voir une multitude de paysages, des villages côtiers, des volcans aux allures martiennes, des vignobles et des plages dorées idéales pour le kite et le wind surf. Signalons au passage l’architecture canarienne inimitable, les églises à l’exubérance toute espagnole et au style baroque colonial, sans oublier l’art «  mudéjar  » typique espagnol, et les maisons basses aux toits en tuiles arabes. Le parler canarien vaut aussi le détour, il tient curieusement de l’espagnol cubain, les liens entre Cuba et Ténérife, solides, étant culturels et économiques. Depuis le XVIIIe siècle, les ports canariens font le pont entre l’Europe et les Etats-Unis, et de fait, l’immigration vers Cuba et le Vénézuela a été conséquente. Ile musicale, aussi, le pinson bleu étant l’emblème de Ténérife. Présence d’oiseaux tels que le pinson bleu, mais aussi la mésange bleue, la bergeronnette, le roitelet, le merle, le pipit de Berthelot, le serin des Canaries. C’est une belle symphonie de plumages bleu nuit, bleu gris, noir, jaune, vert et orange. A l’image de sa nature, Ténérife est haute en couleurs et pleine de vie.

Ténérife sud, plages, églises baroques

Certains disent «  Ténérife, c’est du béton et du soleil  ». Simpliste. Il faut louer une voiture pour s’aventurer en dehors de la zone côtière et aller découvrir autre chose, des plages, des sites de randonnée et des volcans. Première halte à Santa Cruz, ville portuaire espagnole, avec en toile de fond d’altières montagnes. Les locaux sont fiers de leur musée d’art contemporain, le Tenerife Espacio de las Artes, conçu par les architectes à l’origine de la Tate Modern, à Londres. On y verra des expos sur l’art plastique, la photographie et des installations. Même orgueil pour le Museo de Naturaleza y Arqueologia, musée dédié aux sciences naturelles et à l’archéologie. Tout un pan de l’histoire des Guanches, les premiers habitants de l’île dits berbères, y est exposé ainsi que des momies. Le dragonnier, arbre que la médecine ancestrale des Guanches utilisait, est devenu d’ailleurs le symbole de l’île. L’intérêt de Santa Cruz, outre le port, est de flâner dans ses rues et le long de la promenade pour profiter des terrasses au soleil. On apprécie doublement un café face à la mer que l’on aura été confinés des mois. Ici comme à Cuba, on aime le café «  bombon  », ce café à la cannelle et lait concentré qui vient d’ailleurs d’Espagne. Pour une belle plage, rouler vers l’Est, en direction de El Medano, à la fois sauvage et bordée d’un beau sable blond. Zone de fonds marins inoubliables et de plongée qui fait penser au film «  Le grand bleu  ». Même sentimentalité des lieux et envie de s’aventurer toujours plus loin. Kite, wind surf, farniente au bord de l’eau en sont les grands charmes. Pour le surf, on ira davantage à Las Americas, à Arona. Une incursion près de El Medano, donne l’occasion d’une visite à la grotte de Santo Hermano Pedro, premier saint natif des Canaries. C’est un sanctuaire où des croyants et des curieux déposent des ex-votos, des colifichets, des images, des bougies, lieu à la fois poétique et invitant à la méditation. Certains y tournent des vidéos pour les stories, à chaque époque sa culture. Jean-Guy Roux, de GuiaNatura EcoTourism, nous guidera de Santa Cruz à Los Cristianos et sa plage familiale, puis à Adeje, localité  adossée à une réserve naturelle. A Adeje, petit village rural, l’attention se porte sur l’église Santa Ursula, un flamboyant style canarien rouge et doré. L’édifice est classé au patrimoine historique et artistique du gouvernement des îles Canaries. Non loin, le Barranco del Infierno ou ravin de l’enfer. Un paysage changeant avec les saisons, des espèces uniques viennent renforcer le charme des sentiers de randonnée. Faites une pause chez Otelo, café-resto avec vue sur la nature et savoureux café-bombon.

Le volcan Teide, diamant de l’île.

Une après-midi est nécessaire pour profiter du parc national du Teide à 2000 m d’altitude. Pull et chaussettes de rigueur. Inactif depuis mille ans, le volcan est classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 2007. On est littéralement dans un cratère, à 3555m, le plus haut sommet d’Espagne. Le téléphérique nous y conduit. Un stratovolcan au cœur de l’île, qui ressemble furieusement à Mars la rouge. D’une végétation luxuriante au parc, avec des pins, des arbres «  trèfle lotus  » en fleur, on passe à un paysage surnaturel en rouge et gris. C’est complètement fou. Dans une même journée, on va à la plage, puis dans une forêt puis sur Mars. A faire, le centre de visiteurs sur place, qui permet de mieux connaître la faune, la flore, la géologie locale. Demander la projection de la vidéo, de très bonne facture. Le soir à 19h, tombée de la nuit. C’est le moment idoine pour voir les étoiles. Ténérife est un des meilleurs ciels d’observation du monde, avec le Chili et Hawaï. Un ciel très pur, une loi empêchant les avions de survoler l’île. Le plus grand téléscope du monde se trouve ici. Jean-Guy Roux nous montrera la voie lactée, la constellation Cassiopée, Uranus et Jupiter. On voit tout distinctement et on se sent près des étoiles. Sensation unique.

Ténérife nord, ports de pêche, patrimoine, montagnes

C’est la face authentique et traditionnelle de Ténérife. Plus on monte, plus la végétation change. Terrasses de vignes, amandiers, champs de pommes de terre, tomates d’Amérique du Sud rapportées par Christophe Colomb. A Vilaflor, déjeuner familial chez El Sombrerito, restaurant d’altitude. On y goûtera le «  gofio  », plat hérité des Guanches à base de farine de céréales, de miel et de lait, un plat de viande de chèvre, du fromage frais et des figues. Ce que l’on mange habituellement ici, simple et goûteux. En filant vers le Nord, on est surpris par la verdure, à Masca, hameau dans la municipalité de Buenavista del Norte, on se croirait même en Jamaïque, surtout pour un rafraichissement à la Casa Riquelme, auberge de bric et de broc envahie par la végétation. Sur le plan architectural, Masca est un bel exemple de style canarien rural, très préservé. Pour le dépaysement total, voir la palmeraie, ses orangers, ses palmiers, ses dragonniers. Cap sur Garachico au nord-ouest, un port important avant qu’une coulée de lave ne l’anéantisse en 1706. A fleur de falaise, une ville hacienda en bord de mer, avec de curieuses piscines naturelles sur le front de mer. Sur les criques rocheuses, les pêcheurs lancent leurs filets. Les plages au sable noir côtoient des jardins luxuriants. Les bâtiments datent du XVIe et du XVIIe siècle. Faites un tour ou réservez à l’hôtel San Roque, une maison andalouse avec patio et piscine, glamour et très Espagne du temps de Zorro et de la belle héroïne masquée. En voiture avec Jean-Guy Roux, pour nous rendre à la Laguna, une des plus belles cités, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, nous traverserons des villes et des villages. La Oratava, ville historique à flanc de montagne. Unique en son genre, le bazar Dacil où acheter une couverture traditionnelle en laine (85€) ou la grande cape «  manta La Esperanza  » (120 €). C’est le souvenir de Ténérife à rapporter. El Sauzal, non loin de la Laguna, tout au nord. Entre Santa Cruz et Puerto de la Cruz. Vue exceptionnelle sur le Teide et sur l’océan Atlantique. Le bijou de El Sauzal, c’est l’église San Pedro Apostol. C’est ici et nulle part ailleurs que l’on admirera un Jésus enfant. Celui-ci est acheminé tous les quatre ans au Vatican. Il porte au-dessus de la tête les trois puissances, ses cheveux sont bruns. L’autel en argent vient du Mexique. A San Cristobal de la Laguna, destination finale, au nord-est nous prendrons deux jours de visite. Palmiers, façades pastel aux lourdes portes en bois, balcons ouvragés, on se croirait cette fois-ci en Amérique du Sud. Université, églises, demeures seigneuriales, couvent-cloître, édifices historiques, beaucoup de choses à voir ici, sans oublier le plaisir de flâner dans les rues piétonnes. Finir le séjour sur une belle balade dans le parc rural d’Anaga, réserve de la biosphère. Vallées, ravins et chaînes de montagne, pour nous rappeler, si nécessaire, à quel point Ténérife est multi-facettes.

Carnet pratique  :

Y aller  :

  • Vueling, Paris-Ténérife, sans escale, à partir de 125€, 4h15 de vol.

Y séjourner  :

  • Dans le sud de l’île, Grand Hôtel Bahia del Duque, Costa Adeje, Santa Cruz; Piscine, jolie boutique, plusieurs restaurants, complexe hotelier étendu et aéré. Chambre double Deluxe, 285 € avec petits déjeuner.
  •  Dans le nord, la Laguna Gran Hotel, San Cristobal de La Laguna. Dans une bâtisse du XVIIIe siècle, un hôtel chic avec un bar très anglais. Chambre double 94 € avec petit déjeuner.

S’y restaurer  ;

  • Chez Bodegas Monje, exploitation vinicole à El Sauzal, Santa Cruz. Déjeuner en terrasse d’un verre de blanc local avec du pain à l’anis, des pois chiches au porc et du goffio. On pourra visiter la cave et voir travailler dans son atelier une femme artisan qui teinte les tissus. Le vin de l’île, peu exportée, est à rapporter dans vos bagages. Calle Cruz de Leandro, 36.
  • Le Mirador de Garachico, resto chic où goûter à la cuisine nouvelle canarienne. Calle Francisco Martinez de fuentes, 17.

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