Economie

Apple accusé d’ouvrir la porte à une surveillance des contenus privés

Une publicité pour l’iPhone 11 Pro dans un magasin Apple, à Hong-Kong, le 20 septembre 2019.

Apple est la cible de critiques depuis son annonce de changements destinés à mieux lutter contre la pédopornographie et protéger les enfants. Si le but de ces mesures dévoilées le jeudi 5 août fait consensus, des ONG voient dans les méthodes employées une menace pour la vie privée et les libertés individuelles des utilisateurs d’iPhone et d’iPad.

Bien que ces mises à jour soient pour l’heure réservées au marché américain et prévues seulement pour la fin de l’année, Apple se retrouve au cœur d’une polémique : visée par une pétition d’associations et de particuliers, l’entreprise a dû publier des questions-réponses puis faire s’exprimer mardi son responsable de la vie privée, Erik Neuenschwander, dans le média en ligne américain TechCrunch, pour tenter d’éteindre la controverse. Celle-ci se nourrit d’inquiétudes sur la protection des contenus chiffrés, sur les smartphones ou sur les messageries comme WhatsApp, iMessage, Signal ou Telegram.

Lire aussi Apple dévoile de nouveaux outils pour détecter les contenus pédopornographiques

Au cœur des débats se trouvent deux techniques distinctes. D’un côté, Apple va vérifier, avant la sauvegarde des photos du téléphone d’un utilisateur vers le service en ligne iCloud, que les clichés ne figurent pas sur une liste d’images pédopornographiques connues. L’entreprise va pour cela utiliser une technique appelée « hash », qui code un contenu en une suite de nombres unique. Les hashes des photos d’un internaute seront comparés à ceux rassemblés par une ONG de lutte contre la pédopornographie dans une base de données, stockée sur son téléphone.

La seconde technique concerne iMessage, le système de messagerie d’Apple : un logiciel d’intelligence artificielle analysera les photos reçues et envoyées par les utilisateurs mineurs dont les parents auront choisi cette option. Si une image est jugée revêtir un caractère sexuel, elle sera floutée et une mise en garde adressée au mineur. S’il a moins de 12 ans et a accepté ou envoyé la photo, un message avertira les parents.

Ouverture d’une brèche vers la surveillance

Pour les ONG, ces changements marquent une rupture dans la gestion des contenus stockés sur les smartphones ou dans les messageries, considérés comme privés par opposition à ceux postés sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram, considérés comme publics. Les mesures ouvriraient une brèche vers la surveillance des contenus chiffrés, qui ne peuvent être lus par des tiers, sauf s’ils sont analysés au niveau de l’appareil des utilisateurs, comme ici.

« Apple ouvre la porte à des abus plus larges », a écrit dans la pétition l’Electronic Frontier Foundation. L’ONG de défense des libertés en ligne a dénoncé un « système » qui pourrait être élargi à d’autres contenus, d’autres plates-formes et d’autres Etats, non démocratiques. « S’ils peuvent chercher de la pornographie infantile aujourd’hui, ils pourront chercher n’importe quoi demain », a abondé l’ex-agent du renseignement américain devenu lanceur d’alerte Edward Snowden. L’ONG Open Privacy Research Society, elle, prévoit l’extension « aux contenus terroristes, légaux mais haineux ou censurés par des Etats précis » et s’inquiète pour la communauté LGBT+ ou les dissidents.

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