Economie

A Lourdes, le maire Thierry Lavit croit en un tourisme plus diversifié

Le maire de Lourdes, Thierry Lavit, dans sa ville, le 6 août 2021.

Pour présenter son plan d’action censé sauver sa ville, Thierry Lavit, maire de Lourdes, se plaît à prendre de la hauteur. Du haut du château fort d’origine romaine, l’élu de 59 ans, mâchoire carrée et regard aiguisé, égraine ses projets pour revitaliser une cité désertée par les fidèles depuis le début de la pandémie. « Le pèlerin doit devenir touriste », aime-t-il répéter. Pour mieux attirer les adeptes de randonnées, petites ou grandes, il a une idée de sentier qu’il trace du haut de son promontoire. Il veut créer un « chemin médiéval », partant de l’imposant sanctuaire jusqu’au sommet de ce fort, ancienne résidence des comtes de Bigorre, avec vue sur les Pyrénées.

Elu sans étiquette en juin 2020, Thierry Lavit a vu, cette année-là, les réservations hôtelières chuter de 84 % et les recettes communales liées à la taxe de séjour baisser de 3 millions d’euros, en 2019, à 300 000 euros. Pour 2021, les réservations hôtelières ne devraient pas décoller, selon l’office du tourisme. A l’approche du pèlerinage national de l’Assomption du 15 août, les rues sont clairsemées.

« On doit remonter en qualité, c’est ce que prônent tous les opérateurs », explique Thierry Lavit

A deux pas du café Les Brancardiers, le passage Saint-Louis est jalonné de commerces aux rideaux baissés. Seul l’Hôtel La Solitude est resté ouvert. Pour autant, Thierry Lavit ne désespère pas. L’élu, qui fourmille d’idées, les a regroupées dans le projet « Lourdes, horizon 2030 ». Il compte les financer avec les 120 millions d’euros que le plan de relance national consacre à la cité sinistrée. Quelque 11 millions d’euros sont déjà prévus pour la rénovation du château et son Musée pyrénéen.

Le maire aimerait tout d’abord dépoussiérer l’image de la ville. Des hôtels notamment, dont il connaît « les viscères et l’état d’esprit », après y avoir fait la plonge dans sa jeunesse. « On doit remonter en qualité, c’est ce que prônent tous les opérateurs », explique-t-il. Du côté des commerces, qui vendent aux pèlerins statuettes de la Vierge et autres objets de piété, un petit coup de neuf ne ferait pas de mal. « Quand je suis arrivée en janvier, j’ai soulevé deux ou trois objets : les prix étaient encore affichés en francs », se ­souvient Mélanie Santailler, cheffe de projet ­chargée de la relance du tourisme.

Une Coupe du monde de VTT

Pour attirer une nouvelle clientèle, la mairie parie sur le label Altamonta, proposé depuis 2014 aux quelques établissements désireux d’accueillir des clients venus à Lourdes pour pratiquer le VTT. Le pic du Jer, qui, à 951 mètres, surplombe la commune, n’a-t-il pas été retenu pour recevoir la Coupe du monde de VTT de descente, en mars 2022 ? Dans le cadre du plan de relance, la ville organise cet été ses premières Estivales (en partenariat avec le Sanctuaire), proposant concerts et spectacles. Le chanteur Vianney, qui n’a jamais caché sa foi catholique, s’y est produit le 9 juillet. Au programme, le même jour, le survol par la Patrouille de France de la basilique.

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