Economie

Désaccord entre les Etats-Unis et l’OPEP+ sur la reprise du marché du pétrole

La Maison Blanche s’inquiète des prix de l’or noir, qui nourrissent l’inflation et exaspèrent les automobilistes américains en pleine driving season. Le conseiller à la sécurité nationale du président Biden l’a fait savoir, mercredi 11 août, aux dirigeants de l’OPEP+, le cartel regroupant l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et dix autres nations emmenées par la Russie, qui assure plus de la moitié de la production mondiale.

Jake Sullivan a estimé que l’OPEP+ n’en fait « pas assez » pour détendre le marché « à un moment critique pour la reprise mondiale ». « La hausse des coûts de l’essence, si elle n’est pas maîtrisée, risque de nuire à la reprise en cours », prévient-il. Mercredi, le brent coté à Londres, la référence mondiale, avait atteint 71,44 dollars (60,85 euros) pour les livraisons en octobre (+ 1,14 %), tandis que le west texas intermediate pour livraison en septembre gagnait 1,40 % à New York (à 69,25 dollars).

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« Pas assez », cela signifie que la décision prise le 18 juillet par l’OPEP+ de mettre 400 000 barils supplémentaires sur le marché chaque mois entre août et décembre, soit 2 millions de plus à la fin 2021, serait insuffisante pour répondre à la demande en hausse, notamment outre-Atlantique. En avril 2020, le cartel avait drastiquement resserré les vannes : − 10 millions de barils par jour, soit 10 % de la production mondiale, qui avait atteint 100 millions de barils avant la pandémie. Il n’envisage pas un retour au niveau de production pré-Covid avant la fin de 2022.

Prévisions à la baisse

L’OPEP a de bonnes raisons de piloter son offre au plus juste, d’autant qu’un baril à 70 dollars ne compromet pas la reprise. En effet, le variant Delta du SARS-CoV-2 se répand à travers le monde, notamment dans les grandes économies, comme les Etats-Unis, la Chine et l’Europe : ce regain de la pandémie risque d’entraîner le retour de confinements sévères, qui feraient chuter la demande de brut. Dans son rapport mensuel, publié jeudi 12 août, l’OPEP prévient que les « perspectives incertaines » appellent toujours des « efforts déterminés » de ses membres et de ses alliés.

Pour l’OPEP, ce sont des facteurs propres aux Etats-Unis qui expliquent l’actuelle flambée à la pompe

Le même jour, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a confirmé ce risque de baisse de la demande dans son propre rapport mensuel. Elle a « fortement » réduit ses prévisions de demande (− 550 000 barils) pour le reste de l’année, un renversement complet par rapport à son estimation de la mi-juillet. Comme l’administration Biden, l’AIE exhortait à l’époque l’OPEP+ à rouvrir le robinet pour éviter une flambée des prix dommageable à l’économie. Depuis, le rebond de la demande s’essouffle et les pays non membres de l’OPEP+ ont accru leur production. Ils continueront en 2022 (+ 1,1 million de barils par jour), explique l’AIE, qui s’attend à des surplus.

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