Economie

L’irrésistible hausse des prix de l’énergie

Le barrage et usine d’hydroélectricité à Zhaotong (Chine), le 26 juin 2021.

Le monde a de nouveau soif de pétrole, de gaz, d’électricité et de charbon pour faire fonctionner ses usines, ses centrales thermiques et ses transports. La reprise économique est solidement installée en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, et la forte demande en énergie tire depuis des mois les prix vers le haut.

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A commencer par ceux du pétrole, ce qui permet aux entreprises du secteur de renouer avec des résultats exceptionnels. La compagnie publique Saudi Aramco a ainsi annoncé, dimanche 8 août, un bénéfice de 25,5 milliards de dollars (21,7 milliards d’euros) au deuxième trimestre, quatre fois plus qu’un an auparavant.

  • Le pétrole : cher et volatil

L’or noir donne la tendance : son renchérissement explique en partie celui du gaz, qui pèse à son tour sur le coût de production de l’électricité. Malgré quelques fluctuations, le baril de brent a progressé de plus de 55 % en un an, passant de 45 dollars à 75 dollars, et n’est descendu en dessous que lundi 9 août (69 dollars). Cette tendance alimente l’inflation et « impacte très fortement nos importations en valeur », selon le ministre délégué au commerce extérieur, Franck Riester. Le déficit commercial de la France s’est creusé pour atteindre 34,8 milliards d’euros au premier semestre.

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L’équilibre entre l’offre et la demande est tendu et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, rejointe au sein de l’OPEP+ par dix autres nations emmenées par la Russie, pilote la production pour que les prix restent élevés sans compromettre la reprise. Les extractions aux Etats-Unis sont inférieures d’environ 15 % à celle de début 2020, alors de 13 millions de barils par jour, et la remontée des prix n’a pas entraîné de reprise des campagnes de forage de pétrole de schiste (shale oil).

Cette hausse du brut et des marges de raffinage se cumule avec un niveau élevé de taxes (60 % d’un litre de carburant) et pèse sur le budget des ménages. Selon les derniers chiffres du ministère de la transition écologique, le prix moyen du super 95 a atteint 1,56 euro et celui du gazole 1,44 euro pour la semaine achevée le 1er août, soit une augmentation de l’ordre de 15 % sur un an.

  • Le gaz : la Russie, la demande et les stocks

La demande est elle aussi très forte, surtout des industries énergivores et des pays asiatiques. Les marchés s’emballent, également tirés par les cours du brut. Le prix spot du gaz en Asie (Chine, Japon et Corée du Sud) a été multiplié par six, passant en un an de 2,2 à plus de 13 dollars par British Thermal Unit (BTU) . Quant à l’Europe, moins dépendante du gaz naturel liquéfié (GNL) qatari, américain ou australien, elle n’a pas connu des prix aussi élevés depuis 2008.

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