Economie

La Roque-d’Anthéron reste autofinancé à près de 70 %, malgré la pandémie de Covid-19

La soliste franco-haïtienne Célimène Daudet à La Roque-d’Anthéron (Bouches-du-Rhône), le 5 août 2021.

Dans le parc du château de Florans, à La Roque-d’Anthéron (Bouches-du-Rhône), les allées d’immenses platanes, non loin des séquoias centenaires, résonnent au son des concerts. Le Festival international de piano, créé en 1981 par Paul Onoratini – alors maire de la commune – et René Martin, avait été l’un des seuls maintenus en 2020, en dépit de la pandémie de Covid-19. En 2021, il a fallu ajuster cette manifestation, qui met en avant les jeunes talents et les stars mondiales, aux contraintes économiques liées au contexte sanitaire.

La complexité de l’équation tient au fait que ce festival reste autofinancé à près de 70 % par la billetterie. Une exception. « En mai, pour éviter toute mauvaise surprise malgré les inconnues, nous avons revu le budget à la baisse, en décidant que la jauge serait de 65 % », déclare René Martin, le directeur artistique. « Alors qu’en année normale le budget s’élève à 3,3 millions d’euros, dont près d’un quart provient de subventions [du département des Bouches-du-Rhône, de la région PACA et de la métropole Aix-Marseille-Provence, entre autres] et le reste en mécénat, le budget en 2021 s’est établi à 2,7 millions d’euros », poursuit Marie-Claude Alcaraz, l’une des filles du fondateur et vice-présidente de l’association qui gère le festival.

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Ce n’est pas encore une édition « normale », mais 78 concerts devaient être organisés entre le 23 juillet et le 18 août. Et les grands pianistes, comme ceux de l’école russe (Grigory Sokolov, Nikolaï Luganski, Vadym Kholodenko, Pavel Kolesnikov ou encore Varvara), qui étaient absents en 2020, ont pu revenir. Pas question de faire des économies sur les pianos : le festival fait toujours appel aux meilleurs instruments et aux plus grands accordeurs de la planète. « J’ai repensé la programmation en faisant appel à des orchestres mozartiens [35 musiciens au maximum] pour respecter les distances sanitaires », souligne René Martin. Il a aussi fait la part belle aux récitals et aux orchestres de chambre.

Les organisateurs ont considérablement réduit le nombre de lieux de concert, pour n’en garder que deux dans le parc de Florans. Ceux du matin et du soir se tiennent dans l’auditorium du parc, la grande scène couronnée d’une conque qui lui confère une acoustique exceptionnelle. Celui de l’après-midi est joué dans la grande allée de platanes.

« Des concerts du niveau de ceux de Salzbourg »

L’équipe de salariés et de saisonniers a été resserrée, tandis que les 120 bénévoles apportent toujours un secours précieux à l’organisation de la manifestation. Dès le premier jour, il a fallu vérifier le passe sanitaire des festivaliers. Leur moyenne d’âge s’établissant entre 55 et 60 ans, tous ou presque sont vaccinés. D’autant qu’ils ont prévu de longue date de faire le voyage et acheté leurs billets. Sur un stand de la Croix-Rouge installé à l’orée du parc, une dizaine de tests sont toutefois effectués avant chaque concert.

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