Economie

En France, l’emploi salarié a retrouvé son niveau d’avant-crise

A Perpignan, le 19 mai 2021.

Voila deux chiffres qui vont faire mentir les Cassandre : après les 332 100 emplois détruits en 2020, 330 800 emplois ont été créés sur le premier semestre 2021. Autrement dit, l’effet de la crise du Covid sur l’emploi salarié est d’ores et déjà effacé, selon les estimations provisoires publiées vendredi 6 août par l’Insee. « Une bonne nouvelle, a salué la ministre du travail Elisabeth Borne sur Twitter, qui confirme que notre économie repart vite et fort ».

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En effet, une bonne nouvelle qui arrive avec quelques mois d’avance, puisque l’Insee ne prévoyait un retour de l’emploi salarié au niveau d’avant-crise qu’à la fin de l’année 2021. De plus, ajoute Philippe Waechter, chef économiste chez Ostrum Asset Management, la performance française « est bien meilleure que celle de la zone euro ou que celle des Etats-Unis, où le niveau d’emploi à la fin du mois de juin était encore 3,4 % en dessous de la moyenne de 2019 ».

Une politique « très généreuse »

Une différence qui s’explique par les différentes approches face à la crise. « La politique économique menée à l’égard des entreprises ou sur le marché du travail a été très généreuse en France, ce qui fait que l’ampleur de l’ajustement opéré sur l’emploi est restée réduite », explique M. Waechter. « Aux Etats-Unis, par exemple, l’ajustement s’est d’abord fait par les suppressions d’emplois dans le secteur privé, les aides de l’Etat ne venant qu’ensuite : les modes d’ajustement ne sont pas les mêmes. »

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En France, après un premier trimestre étale, la croissance du PIB de 0,9 % au second trimestre a nettement accéléré les créations d’emplois. La dynamique a été nourrie par la levée des mesures de fermeture administrative des cafés ou restaurants, de certaines catégories de commerces, et le retour des déplacements interrégionaux. De fait, le rythme des embauches est très marqué dans les secteurs de l’hébergement-restauration, du commerce et des activités culturelles. Il faut dire que ce sont ces secteurs qui avaient perdu le plus d’emplois au plus fort de la crise provoquée par le Covid-19.

L’industrie, qui est par ailleurs confrontée à des pénuries de main-d’œuvre dans certains métiers, n’a pas encore rattrapé son retard

La construction et le secteur de la santé privée (médecine de ville, cliniques) ont aussi retrouvé leurs niveaux d’avant-crise. L’industrie, qui est par ailleurs confrontée à des pénuries de main-d’œuvre dans certains métiers, est moins allante et n’a pas encore rattrapé son retard, avec un effectif en retrait de 1,5 % par rapport à l’avant-crise. Fait notable, l’intérim n’a pas non plus récupéré son niveau d’avant-crise. M. Waechter y voit d’ailleurs un signal favorable. « Si les entreprises avaient des doutes sur ce retour à la normale, elles embaucheraient des intérimaires pour limiter le risque », explique-t-il. Or, « ce n’est pas le cas ».

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