Economie

Dans le Bordelais, le houblon pousse à l’ombre des grands crus

L’assistant brasseur Hervé Latrille à la brasserie Gasconha, à Pessac, l’une des premières à s’être installée en Gironde en 2010.

Propriétaire de quarante-deux domaines viticoles dans le monde, Bernard Magrez est également connu pour ses nombreux projets dans le secteur. Mais sa dernière idée n’a pas manqué de s­urprendre le monde du vin : l’homme d’affaires bordelais de 85 ans se lance dans la « craft beer ». Cet été, il installe au cœur de l’un de ses domaines, le Château Le Sartre, à Léognan, une brasserie artisanale.

L’objectif, sortir ses premières bières à l’automne, sous la marque Nunka, en référence à « nunca renunciar », ne jamais renoncer, le leitmotiv de Bernard Magrez. « On est obligés d’y aller car ça prend des parts de marché au vin. Alors soit on regarde ça de loin et on se dit “on verra”, soit on y va carrément », ajoute « l’homme aux 40 châteaux ».

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Au milieu de ses vignes, le Bordelais compte commencer par produire 600 hectolitres par an, puis monter jusqu’à 1 200, avec une gamme de bières « classiques », blanche, ambrée, blonde, IPA et stout. Si Bernard Magrez se lance dans ce projet, c’est parce que le phénomène prend de plus en plus d’ampleur. Depuis quelques années, la bière artisanale se fait une place de choix dans le paysage brassicole.

La bière coule à flot

Selon les chiffres 2020 de l’Association des brasseurs de France, l’Hexagone est le premier pays européen en nombre de brasseries (et le huitième producteur de bières en Europe) : il en compte 2 300, contre seulement 200 en 2007. La tendance n’a pas épargné la Gironde. La bière artisanale est parvenue à se faire une place au milieu du plus vaste vignoble AOC du monde.

En 2010, la brasserie Gasconha, à Pessac, fait partie des premières à s’installer sur le territoire girondin, qui compte aujourd’hui 61 brasseries. « On était presque trop en avance par rapport aux besoins et on ne se sentait pas légitimes. Aujourd’hui, on sent vraiment que c’est acquis, chez les cavistes mais aussi dans la grande distribution et chez le grand public », explique Nathanaël Rogier, cogérant et maître-brasseur chez Gasconha. L’année de son lancement, la brasserie produisait 50 hectolitres par an. Aujourd’hui, elle est passée à 2 400 – soit 750 000 bouteilles de 33 cl. L’objectif de Gasconha : « Rester très local. »

« Il était beaucoup plus difficile pour moi d’installer une brasserie à Lille qu’à Bordeaux, parce qu’il y a moins d’acteurs ici. Il y a 425 châteaux uniquement dans le Saint-Emilion, le jour où il y aura autant de brasseries, on en reparlera. » Vincent Morin, brasseur

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