Economie

Le gendarme boursier américain entend réguler le « Far West » des cryptomonnaies

Gary Gensler, le nouveau dirigeant de la Securities and Exchange Commission (SEC), ici à Washington, en mai 2012.

Face aux cryptomonnaies, il y a la voie brutale, celle de l’interdiction des échanges, empruntée par la Chine. Et il y a celle de la régulation, sans doute plus efficace, dans laquelle s’engagent les Etats-Unis pour réglementer ces jetons électroniques comme le bitcoin ou l’ethereum et maîtriser cette innovation technologique qui semble impossible à arrêter.

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C’est ce qu’a déclaré, mardi 3 août, le nouveau patron de la Securities and Exchange Commission (SEC, le « gendarme » boursier américain), Gary Gensler, devant l’Aspen Security Forum. « A l’heure actuelle, les investisseurs ne sont pas assez protégés. Franchement, cela ressemble plus au Far West », a accusé M. Gensler. « Cette classe d’actifs regorge de fraudes, d’escroqueries et d’abus dans certaines applications. Il y a beaucoup de battage médiatique sur le fonctionnement des actifs crypto. Dans de nombreux cas, les investisseurs ne sont pas en mesure d’obtenir des informations rigoureuses. »

L’incarnation de ce « Far West », c’est Elon Musk, qui achète des bitcoins par le biais de son entreprise Tesla, puis dope leur cours en disant qu’il acceptera cette cryptodevise pour vendre ses automobiles, avant de se raviser sous prétexte que ledit bitcoin consomme de l’énergie (et pollue), faisant faire du yoyo à la plus célèbre des devises virtuelles. C’est Elon Musk, toujours, qui provoque l’envolée du Dogecoin, une cryptomonnaie inconnue dont les geeks sont férus, et affirme ensuite, dans une émission télévisée, qu’il s’agit d’une « arnaque », entraînant sa chute.

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Pour l’heure, M. Musk n’a pas été poursuivi pour manipulation de cours, comme l’accusait l’économiste Nouriel Roubini, à l’hiver 2020. Notamment parce que les bitcoins ne sont pas de manière incontestable des titres comme les actions ou les obligations. Mais il incarne la confusion extrême qui règne sur ce marché, sans parler des opérations de blanchiment ou d’escroquerie, comme celle dont a été victime Colonial Pipeline, qui achemine les stocks d’essence sur la Côte est des Etats-Unis et a dû, au printemps 2021, payer une rançon en bitcoins après une cyberattaque.

Nombreuses escroqueries

Les sommes en jeu sont considérables. Selon Gary Gensler, les cryptomonnaies ont une capitalisation totale de 1 600 milliards de dollars (1 350 milliards d’euros). Les soixante-dix-sept premières cryptodevises dépassent le milliard de dollars de valeur. M. Gensler, qui a enseigné au Massachusetts Institute of Technology sur les cryptos se dit « neutre à propos de la technologie » mais « tout sauf neutre sur la politique publique ». Le patron de la SEC rappelle quelques évidences : les cryptodevises n’ont pas les attributs d’une monnaie, car elles ne servent pas d’unité de compte ou de refuge. Il s’agit de véhicules spéculatifs, mais les citoyens ont le droit de spéculer, à condition d’être informés.

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