Economie

Thales vend sa signalisation ferroviaire au japonais Hitachi

Le PDG de Thales, Patrice Caine, s’exprime lors d’une conférence de presse au siège du groupe, dans le quartier d’affaires de la Défense, près de Paris, le 6 mars 2018.

Ce ne sera pas le français Alstom, l’allemand Siemens ou l’espagnol CAF, mais le japonais Hitachi. Thales a annoncé, mercredi 4 août, être entré en négociations exclusives avec le conglomérat industriel nippon afin de lui céder son activité dans les systèmes de signalisation ferroviaire pour une valeur d’entreprise de 1,66 milliard d’euros, un prix qui sera révisé ultérieurement. L’opération a reçu le feu vert de l’Etat, actionnaire du groupe d’électronique et de défense (25,7 %), et sera finalisée au début de l’année 2023.

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« Le dossier d’Hitachi Rail était le meilleur sur tous les plans : industriel, valeur économique, perspectives pour les salariés », explique Patrice Caine, le PDG de Thales. Présente dans 42 pays avec des sièges en France, en Allemagne et au Canada, cette activité « systèmes de transport terrestre » (GTS) emploie près de 9 000 salariés et pèse 1,6 milliard, soit 10 % des ventes de l’entreprise. Déficitaire en 2015, elle a été redressée et sa rentabilité, portée à 7 %, avec un objectif de 8,5 %.

Alors, pourquoi vendre cette pépite ? La réduction du portefeuille de Thales va rassurer les investisseurs, qui critiquaient la dispersion des activités. Mais les raisons d’une telle opération sont d’abord industrielles et technologiques. Les systèmes de gestion du trafic et les télécommunications sont devenus stratégiques aux yeux de transporteurs comme la SNCF et la RATP pour des raisons de coût, d’efficacité et de sécurité.

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Les opérateurs, notamment les exploitants de réseaux de métros, réclament des « solutions intégrées » et clés en main, note M. Caine. Les capteurs en tout genre sont de plus en plus embarqués dans le matériel roulant. Ce « passage de la voie au train », selon Philippe Keryer, directeur général adjoint stratégie, recherche et technologie, pousse à une intégration sur toute la chaîne de valeur. Or Thales reste le seul « pure player » du marché, ce qui l’oblige à nouer des partenariats avec des constructeurs pour emporter des appels d’offres, et lui fait perdre en efficacité.

« Mouvement stratégique important »

La consolidation se poursuit donc dans le matériel et les services ferroviaires. Hitachi, un des constructeurs associés au développement du train à grande vitesse japonais Shinkansen, avait pris du retard sur ses concurrents Alstom et Siemens Mobility, respectivement quatre fois et deux fois plus gros en termes de chiffre d’affaires, malgré l’acquisition en 2015 d’AnsaldoBreda (matériels) et d’Ansaldo STS (signalisation), qui appartenaient au conglomérat italien Finmeccanica (devenu Leonardo), recentré comme Thales sur l’aérospatial, la défense et la sécurité.

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