Economie

l’Etat refuse le tour de passe-passe d’Anne Hidalgo

Anne Hidalgo, à Villeurbanne, le 12 juillet.

Après des mois de tractations, Anne Hidalgo espérait avoir trouvé une solution miracle au problème des trente-cinq heures à la Mairie de Paris. Un dispositif habile permettant d’augmenter officiellement le temps de travail sans le faire vraiment, pour satisfaire à la fois les élus parisiens, l’Etat et les syndicats. C’est raté. Le nouveau règlement fixant le temps de travail des 55 000 agents a, certes, été validé en juillet par le conseil municipal. Mais, dénoncé par les syndicats qui le jugent trop dur, il est à présent rejeté aussi par l’Etat, pour la raison inverse.

Dans un courrier adressé le 29 juillet à la maire socialiste de la capitale et dévoilé par Le Parisien et Les Echos, Marc Guillaume, le préfet de la région d’Ile-de-France, critique vivement le projet. Sur plusieurs points-clés, ce texte ne respecte pas la loi, écrit-il. Il invite donc Anne Hidalgo à revoir sa copie.

Des congés supprimés mais compensés

Tout est parti de la loi du 6 août 2019 sur la transformation de la fonction publique. Selon ce texte souhaité par les macronistes, le temps de travail effectif des fonctionnaires territoriaux doit être identique à celui de la fonction publique d’Etat, l’équivalent de trente-cinq heures par semaine. Question d’égalité. Or, à Paris, les agents bénéficient d’un traitement plus favorable acquis de longue date, à l’époque où Jacques Chirac tenait l’Hôtel de Ville. Pour les quelque 55 000 agents de la ville, le temps de travail de référence se limite à 1 552 heures annuelles, au lieu des 1 607 heures classiques. Dans une série de cas particuliers, ce temps est plus réduit encore.

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En principe, la loi de 2019 oblige Paris à mettre fin à ces avantages. Juridiquement, la Ville « doit supprimer huit jours de congés extralégaux à compter du 1er janvier 2022 », admet la Mairie. Mais elle y va à reculons. Les socialistes au pouvoir dans la capitale estiment qu’augmenter le temps de travail irait « à rebours du progrès ». Et comment faire avaler au personnel une telle remise en cause des acquis sociaux ?

Anne Hidalgo et son équipe ont donc imaginé un dispositif qui vise à se mettre en conformité avec la loi sans augmenter pour autant le temps de travail réel, ou à la marge. Tout en supprimant les huit jours de congé hors la loi, le règlement voté le 6 juillet en recrée sept, grâce à une série d’astuces. Ce sont ces mécanismes que dénonce le préfet Marc Guillaume, comme un spectateur qui siffle le tour de passe-passe dont il a repéré tous les trucs.

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