Economie

Avis de tempête sur les géants chinois cotés à Wall Street

TAL Education Group, coté aux Etats-Unis, accuse un repli boursier de plus de 50 %, le 23 juillet 2021, à New York.

Branle-bas de combat du côté des autorités financières chinoises : après une semaine noire pour les valeurs technologiques, les médias d’Etat se sont voulus rassurants. Malgré des mois d’une campagne de régulation agressive du secteur, le quotidien officiel de la Bourse, le Securities Daily, a appelé, le 28 juillet, les investisseurs à « ne pas être trop pessimistes ». « Cette baisse est un ajustement structurel. Il est peu probable qu’elle se poursuive », a-t-il estimé. Le Securities Times, autre journal économique de référence, minimise la situation : ce repli ne serait qu’« une mauvaise interprétation de la politique » de Pékin. Les différents régulateurs chinois, qui ont multiplié enquêtes, amendes et rappels à l’ordre ces huit derniers mois, ont-ils été trop véhéments ?

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Cet été, les attaques se sont multipliées. Après une enquête de cybersécurité lancée contre Didi au lendemain de l’introduction en Bourse du leader chinois de la commande de taxi, les autorités ont forcé les entreprises de l’éducation privée à devenir des entités à but non lucratif. A chaque annonce, le cours des sociétés visées a chuté et des milliards se sont évaporés. Echaudés, les investisseurs hésitent à acheter de la tech chinoise.

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Entre le 22 et le 27 juillet, Alibaba a cédé 13 % à Wall Street, et Tencent 15 % à Hongkong. Meituan, poids lourd des services et des livraisons, a dégringolé de 26 % aux mêmes dates, grevé par de nouvelles directives qui imposent aux compagnies de livraison de repas de garantir à leurs employés un salaire supérieur au minimum légal et des cadences raisonnables. Au total, 1 500 milliards de dollars (1 264 milliards d’euros) sont partis en fumée, a calculé Bloomberg. Mardi 3 août, c’est l’éditorial d’un média d’Etat qualifiant les jeux vidéo d’« opium spirituel » qui inquiétait : Tencent, numéro un mondial du secteur, perdait encore 8 % , et Netease, numéro deux en Chine, 15 %.

A la surprise des investisseurs, habitués à ce que le pays fasse passer la croissance économique avant tout, Pékin a décidé de privilégier les parents d’élèves, les livreurs ou les petites firmes éreintées par les plates-formes. En période de tension avec les Etats-Unis, la sécurité nationale et la stabilité sociale représentent des priorités absolues : il s’agit d’empêcher la sortie des données du territoire, de limiter le contrôle d’actifs chinois par des étrangers et de promouvoir l’autosuffisance technologique nationale. Pour parvenir à ses fins, la Chine communiste, qui fait peu de cas du droit de propriété, n’a pas hésité à sacrifier les intérêts des géants de la tech et des investisseurs.

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