Economie

La mort Gérard Théry, artisan majeur du développement des télécoms en France

Gérard Théry lors d’une conférence internationale sur les télécommunications au Palais des Congrès, à Paris, le 16 janvier 1978.

Architecte majeur du passage de la France aux télécoms pour tous, Gérard Théry est mort le 18 juillet, à l’âge de 88 ans, à Paris. La cause du rattrapage du pays en matière de téléphone avait été plaidée par des ingénieurs et des usagers face aux finances (et aux postiers) et avait convaincu certains politiques (Valéry Giscard d’Estaing, puis Georges Pompidou à partir de 1967), pendant que le Centre national d’étude des télécommunications (CNET) travaillait à sortir la France de sa dépendance technologique par rapport aux Etats-Unis.

Ingénieur de l’Ecole polytechnique, Gérard Théry, choisi en 1974 par Valéry Giscard d’Estaing Giscard devenu président de la République comme directeur général des télécommunications, souhaite non seulement résoudre la question du téléphone mais encore profiter des transformations numériques pour placer la France au centre des changements à venir. Pour cela, il livre bataille sur plusieurs fronts.

Installer « la société informatisée du futur »

Sur celui de son administration, Gérard Théry réussit à décloisonner la direction des télécommunications (DGT) et obtient des organisations syndicales, qui avaient participé à la grève des PTT de l’automne 1974, qu’elles soutiennent le programme « le téléphone pour tous » : les gains issus de cette expansion du réseau sont partagés en termes d’emplois, de conditions de travail, de formation et de primes. Dès 1978, l’objectif de l’installation de 2 millions de lignes par an est atteint.

Sur le plan industriel, la DGT participe à l’effort de restructuration de la filière télécoms que lance l’Elysée. Gérard Théry crée une direction des affaires industrielles et internationales qui institue une concurrence entre champions nationaux et les incite à gagner des marchés à l’export. Il veille au maintien de l’emploi dans toutes les régions où sont présentes les entreprises françaises et étrangères de commutation, et cela malgré les gains de productivité issus de la numérisation des commutateurs.

Sur le front des relais de croissance, à la charnière entre télécoms et informatique, Gérard Théry passe au développement de nouveaux produits et services. Il prend appui sur le rapport de Simon Nora et Alain Minc de 1978 sur « L’informatisation de la société » pour installer, dit-il « la société informatisée du futur ». Transformer la DGT en « machine à innover » l’amène à bousculer les habitudes. La création du réseau de transfert de données pour les entreprises est une première mondiale et Gérard Théry fonde pour le porter la société privée Transpac.

Il vous reste 44.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page