Economie

En Espagne, une nouvelle directrice à la tête du journal « El Pais »

La journaliste Pepa Bueno (à gauche) avec le roi et la reine d’Espagne, au palais de la Moncloa, à Madrid, le 11 mars 2021.

Il s’agit du troisième changement à la tête du quotidien El Pais en quatre ans. Le journal espagnol de référence, propriété du groupe Prisa (qui possède 20 % du Monde libre, la société qui contrôle le Groupe Le Monde), a annoncé, le 27 juillet, la nomination de Pepa Bueno, journaliste chevronnée de 57 ans, comme nouvelle directrice. Ancienne présentatrice des informations télévisées du soir sur la télévision publique (TVE) dans les années 2000, la journaliste, marquée à gauche, est depuis 2012 l’une des principales voix de la radio leader en Espagne, Cadena Ser.

Déjà membre du comité éditorial d’El Pais, elle succède à Javier Moreno, resté en poste un an à peine. Celui-ci avait pris la suite de Soledad Gallego-Diaz, journaliste « historique » d’El Pais, ancienne militante antifranquiste devenue la première femme à diriger le quotidien, entre 2018 et 2020. Jeudi 29 juillet, lors d’un vote non contraignant, le comité de rédaction a approuvé la nomination de Pepa Bueno. Le conseil d’administration, présidé par le financier français installé à Londres Joseph Oughourlian, principal actionnaire de Prisa au travers de son fonds d’investissement Amber Capital (qui détient 30 % du capital), devra encore le ratifier.

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« Ces changements terminent le processus de réorganisation éditoriale de Prisa Media, dont l’objectif est une gestion transmédia, coordonnée, de tous ses actifs, aussi bien de radio que de presse écrite, basée sur des plates-formes transversales », a d’ores et déjà expliqué le groupe dans un communiqué. Cette nomination s’inscrit surtout dans un profond remaniement du groupe Prisa, voulu par M. Oughourlian pour tirer un trait sur l’ère Juan Luis Cebrian, tout-puissant cofondateur et directeur d’El Pais, puis du groupe Prisa.

Repositionnement à gauche

Actionnaire depuis 2016, le financier français n’a eu de cesse, depuis, qu’il ne redresse la compagnie, plombée par des dettes colossales, fruit de la gestion déficiente et de l’ambition démesurée de M. Cebrian, qu’il est parvenu à faire limoger en 2018. Devenu président de Prisa en décembre 2020, M. Oughourlian a accéléré la réorganisation du groupe après l’entrée de Vivendi au capital de Prisa, en janvier, ce qui lui a permis d’obtenir la majorité au conseil d’administration, grâce également au soutien du groupe de télécommunication espagnol Telefonica.

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Les mouvements opérés par Prisa ces derniers mois consistent aussi à repositionner le groupe à gauche. En 2018, la nomination de Mme Gallego-Diaz avait déjà signé la fin de l’étape la plus controversée du journal, quand, entre 2014 et 2018, sa ligne éditoriale avait viré à droite sous la férule de son directeur d’alors, le journaliste Antonio Caño, nommé par Juan Luis Cebrian dans un contexte de rapprochement avec le Parti populaire (droite) de Mariano Rajoy, alors au pouvoir.

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