Economie

Xavier Niel pousse Iliad vers un retrait de la Bourse

Free pourrait bientôt se libérer de la Bourse. Xavier Niel, fondateur de l’opérateur de téléphonie (et actionnaire à titre individuel du Monde), a annoncé dans un communiqué, vendredi 30 juillet, lancer une offre publique d’achat simplifiée sur les actions de la maison mère, Iliad, créée en 1999. Il entend ainsi étendre son contrôle sur son groupe, dont il détient aujourd’hui directement et indirectement 70,63 % du capital et 78,67 % des droits de vote.

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Cette opération est initiée par HoldCo II, une société contrôlée par Xavier Niel, qui propose un prix de rachat de 182 euros par action, soit environ 61 % de plus que le cours de clôture d’Iliad jeudi 29 juillet, et 52,7 % de prime par rapport à la moyenne des cours de Bourse pondérée par les volumes sur le mois précédent.

Le cours d’Iliad s’est envolé dès les heures qui ont suivi l’annonce, vendredi, rejoignant dans la matinée le prix de rachat annoncé. L’offre a été validée à l’unanimité par le conseil d’administration d’Iliad. Outre son fondateur, les cadres dirigeants et actionnaires historiques d’Iliad se sont engagés à apporter leurs actions, pour un total final de 74,9 % du capital et 83,6 % des droits de vote du groupe.

Accélérer les investissements

Si tout se passe comme le souhaite Xavier Niel, et sous réserve du feu vert de l’Autorité des marchés financiers (AMF), les actions présentées à l’offre représenteront plus de 90 % du capital et des droits de vote d’Iliad à la date de clôture prévue de l’offre, le 23 septembre. HoldCo II pourra alors demander à l’AMF « la mise en œuvre d’une procédure de retrait obligatoire » de sa cotation à la Bourse de Paris, comme elle l’annonce dans son communiqué.

« Je suis très fier du parcours du groupe et de la valeur créée pour tous les actionnaires », affirme Xavier Niel dans son communiqué. Mais « la nouvelle phase de développement d’Iliad exige des transformations rapides et des investissements significatifs qui seront plus aisément menés à bien en tant que société non cotée », se justifie-t-il, affichant l’ambition de faire de son groupe un « leader des télécommunications en Europe ». « Cela va nous permettre d’accélérer nos investissements dans la fibre, dans la 5G et dans d’autres pays », se félicite auprès du Monde Thomas Reynaud, directeur général d’Iliad.

Ce mouvement capitalistique est selon lui pour le groupe « une façon de donner du temps au temps » pour poursuivre ses objectifs à long terme, à distance de la pression des marchés. Xavier Niel peut par ailleurs arguer des bons résultats de son groupe. Au premier semestre 2021, il a réalisé un bénéfice net à 239 millions d’euros, en hausse de 14,6 % sur un an. Sixième opérateur mobile européen en nombre d’abonnés, il compte un peu plus de 42 millions de clients en France, en Italie et en Pologne (mobile et internet fixe confondus).

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Ce mouvement d’Iliad semble s’inscrire dans une tendance plus large du secteur. En janvier, déjà, le milliardaire Patrick Drahi avait retiré de la Bourse son groupe, Altice, qui détient notamment SFR et BFM-TV. M. Drahi avait lui aussi motivé sa décision par des raisons stratégiques, arguant du fait qu’il pourrait ainsi se concentrer sur des objectifs de long terme sans crainte de voir ses performances trimestrielles scrutées par les marchés.


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