Economie

Martin et Olivier, les frères d’armes de l’empire Bouygues

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Publié aujourd’hui à 19h05

Ces bords de Loire des environs de Saumur, Martin Bouygues ne les connaît pas vraiment. En cette année 2016, il ne fréquente pas encore les villages Renaissance et les auberges accueillantes, en bordure de fleuve. L’inamovible PDG du groupe de communication, de téléphonie et de construction – « je ne suis pas le plus vieux, mais je suis le plus ancien président du CAC 40 », aime-t-il à souligner – séjourne bien plus fréquemment en Sologne, où il possède un vaste domaine et un élevage de faisans, à quelques kilomètres du château acheté des dizaines d’années plus tôt par son père, Francis. C’est là qu’il chasse, les week-ends d’automne et d’hiver, avec son aîné Olivier et d’autres patrons.

Depuis plus de trente ans, les deux frères Bouygues mènent leurs affaires ensemble. Souvent, les PDG ressemblent au secteur dans lequel évolue leur entreprise, et ceux-là ne dérogent pas à la règle. Le BTP est un monde rude où il convient d’être roué ; la communication suppose chaleur et sens de la psychologie. Martin, numéro un du groupe Bouygues, conjugue ces deux univers : « C’est un type cash, qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions lorsqu’il faut trancher, mais il a aussi un caractère cordial qui séduit », assure un ancien ministre de l’économie de Nicolas Sarkozy, ce président que Martin Bouygues a longtemps appelé son « meilleur ami ».

Son frère Olivier, de deux ans plus âgé, est moins connu du grand public. Le même ex-ministre le décrit ainsi : « Un fort en gueule, toujours à dire ses quatre vérités à quelqu’un qu’on vient de lui présenter, un peu poujado parfois, mais pragmatique comme un ingénieur. » En cette année 2016, il est le directeur général délégué du groupe, autant dire deux crans sous son frère cadet, mais ne s’en offusque aucunement.

Chasse et investissements

Même silhouette confortable, même visage rond, Martin et Olivier Bouygues ne se ressemblent pas seulement physiquement. Ils partagent aussi un goût affirmé pour la bonne chère et la chasse, ainsi que des dizaines d’investissements en commun dans des vergers, des ruches, des élevages d’esturgeons pour le caviar, des truffières, et au cœur du vignoble bordelais. Cette fin d’hiver, c’est justement pour racheter en leur nom une nouvelle propriété viticole que Martin Bouygues a pris le chemin du Val de Loire.

L’affaire réclamant du doigté, Olivier a jugé plus sage de laisser partir devant son cadet. Comme il y a un peu de brouillard, ce jour-là, le grand patron a renoncé à voyager en Augusta A 109, l’hélicoptère qu’il partage avec François Pinault, cet autre milliardaire qui, en 1998, l’a aidé à empêcher le raid de Vincent Bolloré sur son groupe. Va pour le TGV ! Deux heures quarante-cinq, depuis la gare Montparnasse jusqu’à celle de Saumur, où l’attend François Aubry, fin connaisseur de la région et conseiller dans la cession de vignobles. C’est lui qui a signalé aux Bouygues la vente du Clos Rougeard, un petit domaine réputé auprès des initiés, exploité depuis 1664 par huit générations d’une même famille de vignerons, les Foucault.

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