Economie

des blocages trop importants entre Paris et Bruxelles

Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, à Paris, le 14 février 2020.

La grande transformation d’EDF n’aura pas lieu, du moins pas sous ce quinquennat. « A ce stade, les discussions n’ont pas abouti » avec Bruxelles et, faute d’un accord global, « il n’est pas envisageable d’avoir un projet de loi au Parlement dans l’immédiat », a expliqué, jeudi 28 juillet, une source gouvernementale à l’AFP.

A la demande d’Emmanuel Macron, l’énergéticien travaillait depuis 2018 à une refonte de son organisation en plusieurs entités. Objectif, recréer des marges de manœuvre financières pour lui permettre d’investir à la fois dans les énergies renouvelables et la rénovation de son parc nucléaire. Vent debout, les syndicats d’EDF, eux, dénonçaient une « désintégration » de l’électricien.

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« Nous regrettons que cette réforme, qui est indispensable pour EDF, ne puisse se conclure maintenant », a réagi le PDG de l’entreprise, Jean-Bernard Lévy, jeudi 29 juillet, en présentant ses résultats pour le premier semestre. Et d’insister : « Le sujet de fond reste entier. Notre court terme est assuré ; notre moyen et notre long terme ne le sont pas si nous voulons jouer en première division, ce qui est quand même attendu d’EDF. »

« Nous sommes toujours convaincus de la nécessité de faire cette réforme », ajoute-t-on du côté du gouvernement, « nous n’avons pas abandonné les travaux ». Mais entre la levée de boucliers des syndicats, mais aussi de la gauche et d’une partie de la droite, et les exigences de la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, un compromis paraissait difficile à trouver. Surtout, le risque politique devenait trop élevé à moins d’un an de l’élection présidentielle d’avril 2022.

Désendetter la maison mère

Déjà, en mai, le gouvernement avait dû revoir partiellement sa copie, en renonçant au projet de scission « Hercule », commandé par Emmanuel Macron à M. Lévy fin 2018. Le chantier avait été rebaptisé « Grand EDF », pour signifier qu’il ne s’agissait pas d’un démantèlement. Le schéma prévoyait qu’une société de tête détenue à 100 % par l’Etat, EDF SA, non cotée en Bourse, abrite les centrales nucléaires et thermiques en France, l’ingénierie et les fonctions centrales.

Une première filiale, propriété exclusive d’EDF SA, rassemblait les barrages hydroélectriques, ce qui leur permettait d’échapper à une ouverture à la concurrence réclamée depuis plus de dix ans par la Commission et refusée par Paris. Un sujet qu’il faudra bien traiter. Une seconde filiale, « contrôlée très majoritairement par EDF SA », selon Bercy, devait comprendre Enedis (réseau de distribution) et les énergies renouvelables (ENR), son capital pouvant être ouvert jusqu’à 30 % à des investisseurs privés. Ainsi allégée d’une partie de l’effort de financement des ENR, la maison mère, endettée à hauteur de 42 milliards d’euros, pouvait se concentrer sur les activités nucléaires, en France et à l’étranger.

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