Economie

Chez les Pinault, une transmission orchestrée par l’incontournable patriarche

Par et

Publié aujourd’hui à 19h55, mis à jour à 20h34

Les derniers invités partis, le silence s’est installé sous la coupole de la Bourse de commerce qui abrite une partie de la collection d’art contemporain de François Pinault. Après avoir salué un à un ses visiteurs aux côtés de son épouse Maryvonne et de son fils François-Henri, le patriarche est remonté au troisième étage du bâtiment pour un dîner en famille. En ce 19 mai, jour d’inauguration de son nouveau musée, au cœur de Paris, il a tenu à rassembler les siens à La Halle aux grains, le restaurant confié au chef Michel Bras, privatisé pour la circonstance. Une bulle de lumière au mobilier anthracite, d’où l’on voit l’intérieur du bâtiment transformé par l’architecte japonais Tadao Ando et, à travers les baies vitrées, la splendeur élancée de l’église Saint-Eustache, la canopée des Halles et encore, tout au fond, le Centre Pompidou, l’autre grand musée d’art moderne de la capitale.

Dans un joyeux désordre, ils sont une dizaine autour de la table : François Pinault et sa femme, François-Henri – son successeur à la tête de Kering (Gucci, Saint-Laurent, Balenciaga, etc.) – et la sienne, l’actrice Salma Hayek, et quelques enfants de tous âges. Il y a aussi l’aînée de la fratrie, Laurence, et le benjamin, Dominique. Ces deux-là, rares sont ceux qui les connaissent vraiment. Jamais le milieu des affaires ne parle d’eux. Ils ne figurent sur aucune photo ni dans aucun article. Ils sont les deux enfants Pinault qui n’ont pas été choisis pour reprendre l’empire familial.

Ils étaient venus pourtant, juste avant ce dîner, assister au triomphe de leur père, au milieu des quelque trois cents personnes conviées à l’inauguration de son musée. Leur présence est passée inaperçue. Ils ont préféré déambuler à l’écart, plutôt que de s’accrocher à la cohorte de tête, celle des capés et des puissants qui se pressaient autour de leur père et de leur frère. Qui aurait pu les distinguer, alors que les photographes et les mondains n’avaient d’yeux que pour Brigitte Macron, Anne Hidalgo, François Hollande et Alain Juppé ?

Même corpulence, même regard, mêmes expressions

Avec leur teint et leurs yeux clairs de Bretons, ils ressemblent à leur père. Mais à chacun sa place. Laurence et Dominique Pinault ont admis depuis longtemps que la leur ne serait pas dans la lumière et aux postes de commande. Et ils s’en accommodent, assurent les proches de la famille. « J’ai dû faire un choix difficile », reconnaît sans ambages François Pinault, lorsqu’on le rencontre au siège d’Artémis, la holding familiale où il a conservé un bureau. « J’aime mes enfants autant les uns que les autres, mais dès l’adolescence je me suis dit que ce serait François. » Dès l’adolescence…

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