Economie

Mise en examen dans l’affaire Carlos Ghosn, Rachida Dati dénonce un « combat politique inavoué »

Rachida Dati, le 15 mars 2020, à Paris.

L’actuelle maire Les Républicains (LR) du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati, vient de s’ajouter à la liste, déjà longue, des proches de Nicolas Sarkozy mis en cause par la justice. Comme l’a révélé Le Canard enchaîné, l’ancienne garde des sceaux a été mise en examen le 22 juillet pour « corruption passive par personne investie d’un mandat électif public au sein d’une organisation internationale » et « recel d’abus de pouvoir ». Une information confirmée au Monde par le Parquet national financier.

Il s’agit d’un développement procédural majeur dans l’information judiciaire ouverte pour « corruption, trafic d’influence et abus de biens sociaux » à l’été 2019, conduite par les juges Bénédicte de Perthuis, Patricia Simon et Cécile Meyer-Fabre et visant les fonds versés par RNBV, la filiale néerlandaise de l’Alliance Renault-Nissan, au profit de Mme Dati et du criminologue Alain Bauer. Une procédure qui était venue s’ajouter à l’enquête principale visant d’autres possibles malversations de l’ancien PDG du groupe, Carlos Ghosn, et instruite à Nanterre.

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La justice s’interroge notamment sur la réalité et la légalité des missions confiées par Renault-Nissan à Rachida Dati entre 2010 et 2012 pour 900 000 euros hors taxe, soit 25 000 euros mensuels. Une période durant laquelle elle cumulait déjà les fonctions de députée européenne, conseillère de Paris et maire du 7e arrondissement.

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A l’issue d’une première audition à la fin du mois de novembre 2020, Mme Dati avait dans un premier temps bénéficié du statut de témoin, mais les magistrats ont revu leur position. Selon plusieurs sources proches du dossier, les déclarations de M. Ghosn à l’occasion de son audition par plusieurs magistrats français venus l’entendre à Beyrouth, au Liban, au début du mois de juin ne sont pas étrangères à cette évolution.

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Rachida Dati a toujours vivement contesté les accusations qui la visaient et assuré déjà à plusieurs reprises que les missions qui lui avaient été confiées avaient été effectuées en tant qu’avocate. Selon sa convention d’honoraires, dévoilée par Le Monde, Mme Dati s’engageait auprès de M. Ghosn à « l’assister dans la détermination de la conduite de la politique d’extension internationale » du groupe, « notamment dans les pays du Moyen-Orient et du Maghreb ».

« La justice devient instrumentalisée »

L’ancienne ministre de la justice, à qui l’on prête des ambitions nationales, s’en est pris aux juges dans un entretien donné au Parisien aussitôt sa mise en examen connue. « Comme en 2019, on tente d’entraver mon engagement dans les échéances qui s’annoncent ! » a-t-elle affirmé, précisant que « la justice devient instrumentalisée pour un combat politique inavoué ». Contactés, ni Mme Dati ni ses avocats n’ont donné suite aux sollicitations du Monde.

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