Economie

Avant 2022, Emmanuel Macron veut mettre en scène la réindustrialisation de la France

Emmanuel Macron visite l’usine Renault de Douai (Nord), le 28 juin 2021.

Faute de grande réforme, la dernière année d’Emmanuel Macron sera vraisemblablement celle de l’investissement. Un sujet fédérateur, au terme de dix-huit mois de pandémie qui l’auront empêché d’aller au bout de son agenda politique. « A la rentrée, après le travail et les consultations en cours, nous déciderons d’un plan d’investissement qui visera un objectif : bâtir la France de 2030 et faire émerger dans notre pays et en Europe les champions de demain, qui, dans les domaines du numérique, de l’industrie verte, des biotechnologies ou encore de l’agriculture, dessineront notre avenir », a annoncé le chef de l’Etat le 12 juillet.

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Le pari ? Mettre en scène le grand retour de la souveraineté industrielle, le Covid-19 ayant révélé la dépendance du pays à l’égard de l’étranger dans certaines filières stratégiques, comme les semi-conducteurs ou la santé. « Il y a la volonté de renforcer notre autonomie, notre indépendance, et de se projeter dans des filières d’avenir », confirme-t-on à l’Elysée. Et montrer que la France ne se résout pas au décrochage quand d’autres annoncent des plans d’infrastructures à douze zéros. « Emmanuel Macron est fasciné par ce que fait Biden », résume un de ses interlocuteurs.

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Le chef de l’Etat veut aussi revenir sur le terrain qui lui est le plus propice politiquement : l’économie. « C’est l’un des éléments qui lui permet de maximiser son avantage de président sortant, explique Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’IFOP. Les Français ont pris conscience de l’ampleur de la désindustrialisation du pays avec le Covid. » L’exécutif sait en outre le risque politique d’une désindustrialisation du territoire, matérialisé notamment au cours du quinquennat avec la crise des « gilets jaunes ». « Une usine qui ferme, c’est une permanence RN qui ouvre », dit sans détour au Monde Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances.

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Créer de toutes pièces de nouveaux secteurs

Ces dernières semaines, le locataire de Bercy a donc multiplié les consultations et doit présenter ses propositions à l’Elysée ces jours-ci. Celles-ci mettent en avant sept ou huit nouvelles filières industrielles, parmi lesquelles les semi-conducteurs, les biotech, les batteries, l’hydrogène, la santé, le nucléaire et la décarbonation de l’industrie, pour une enveloppe totale de 20 à 30 milliards d’euros.

Certaines sont déjà subventionnées par l’intermédiaire de mécanismes franco-allemands – les projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC), à qui l’on doit notamment l’usine de batteries de Douvrin (Pas-de-Calais), inaugurée fin 2019. D’autres pourraient prendre la forme d’un programme d’investissement d’avenir (PIA), dispositif créé après la crise de 2008 sous la présidence Sarkozy, précisément pour répondre aux mêmes besoins. S’y ajouteraient des filières de formation consolidant les industries aidées. « A quoi bon remettre de l’argent dans le nucléaire de nouvelle génération si vous n’avez pas de chaudronniers ? », résume Bruno Le Maire.

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