Economie

Le smartphone rattrapé par son empreinte environnementale

Dans un atelier de l’entreprise Back Market, spécialisée dans le reconditionnement d’appareil électroniques, à Paris, en octobre 2020.

Année après année, le smartphone est un incontournable des soldes, fêtes de fin d’année ou autres « French Days » et « Black Friday ». Un peu plus de 16 millions d’unités neuves ont été vendues en France en 2020, selon l’institut GfK. Un chiffre certes en baisse de 8 % sur un an, mais qui montre que l’envie d’un mobile dernier cri reste irrésistible pour beaucoup. Alors qu’un appareil pourrait sur le papier servir jusqu’à dix ans, l’usage le plus courant reste de ne l’utiliser que deux à trois années avant de passer au suivant, relevait l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes et de la distribution de la presse dans un rapport publié lundi 12 juillet.

Cette surconsommation pose un vaste problème environnemental. « Quand on analyse le cycle de vie d’un smartphone, on s’aperçoit que la phase de fabrication représente de l’ordre des trois quarts de son empreinte carbone », explique Erwann Fangeat, spécialiste de ces questions au sein de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. La faute à la multitude de matériaux nécessaires à leur conception dont une cinquantaine de métaux, parfois complexes à exploiter. « On estime ainsi que pour fabriquer un smartphone de 200 grammes, il faut extraire plus de 200 kg de matière », détaille-t-il.

La principale piste pour « verdir » la filière est donc d’allonger la durée de vie des appareils, plus robustes et plus faciles à réparer. De ce point de vue, « il y a eu une petite évolution chez les fabricants ces dernières années, sous la pression d’une partie de leurs clients et des réglementations », observe Laetitia Vasseur, cofondatrice de HOP (Halte à l’obsolescence programmée), une association qui lutte contre la surconsommation.

Parmi les bons élèves, le néerlandais Fairphone

Les dernières versions du système d’exploitation d’Apple, iOS, sont ainsi supportées par des modèles d’iPhone plus anciens. Samsung, quant à lui, s’est efforcé d’obtenir de bonnes notes au nouvel indice de réparabilité, qui donne aux consommateurs français une indication sur la possibilité de faire réparer leur achat en cas de pépin. Mais les expériences les plus intéressantes en la matière se trouvent du côté « de marques qui ont bien mieux intégré ces enjeux, même si tout n’est pas parfait », estime Mme Vasseur.

Parmi les bons élèves, on trouve le néerlandais Fairphone, qui se veut mieux disant socialement, en travaillant sur ses filières d’approvisionnement pour éviter celles qui alimentent des conflits ou s’appuient sur le travail d’enfants dans certaines régions du globe. Ses modèles et ceux du français Crosscall affichent également des indices de réparabilité (obligatoires sur les smartphones depuis janvier) parmi les plus élevés : le Fairphone FP3+ décroche la note de 8,7/10 et le Core X-4 de Crosscall atteint 8,8/10, devant le Samsung Galaxy S21 + (8,2/10), là où l’iPhone 12 plafonne à 6,0.

Il vous reste 59.78% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page