Economie

Le blues des reconditionneurs de téléphones mobiles

Un employé travaille au reconditionnement de smartphones, au siège de la société Largo, sous-traitant de Back Market, à Sainte-Luce-sur-Loire, le 26 janvier .

Vu de loin, c’est un marché qu’on imaginerait en pleine euphorie, porté par une hausse continue des ventes et la montée des préoccupations environnementales. Et pourtant les acteurs français du reconditionnement grimacent. En cause, le fait qu’ils doivent depuis le 1er juillet répercuter sur leurs ventes la redevance copie privée.

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Cette contribution, qui s’appliquait traditionnellement aux appareils multimédias neufs, vise à rétribuer les ayants droit de l’industrie culturelle en contrepartie des sauvegardes numériques de leurs œuvres. Mais, courant 2020, l’organisme Copie France, qui en gère la collecte, a commencé à la demander aux vendeurs de produits de seconde main.

« Cela a toujours été la loi », assure au Monde Bruno Boutleux, président du conseil d’administration de Copie France. Les reconditionneurs, mais aussi l’UFC-Que choisir, le contestent, rappelant que les textes en vigueur jusqu’ici mentionnaient la « mise en circulation » d’un produit, ce qui s’entend, selon eux, par sa première commercialisation en France.

Contentieux juridiques

Des contentieux juridiques ont vu le jour, suivis d’une bataille d’influence entre les acteurs du reconditionnement et ceux de la culture. Et le match a viré à l’avantage des seconds. D’abord avec l’adoption, mardi 1er juin, par Copie France, d’un nouveau barème de la redevance copie privée où le cas des appareils reconditionnés est explicitement mentionné. Puis avec l’adoption en première lecture par les députés, le 10 juin, d’un amendement qui fait entrer l’extension du barème de la redevance copie privée dans la loi, au cours de l’examen de la proposition de loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France (REEN).

Pour les reconditionneurs, c’est « une douche froide », soupire Jean-Lionel Laccourreye, président du Syndicat interprofessionnel du reconditionnement et de la régénération des matériels informatiques, électroniques et télécoms (Sirrmiet). « De notre point de vue, il y a eu une vraie confusion entre le dynamisme de notre secteur, qui est en expansion, et sa rentabilité, qui est limitée. »

Le reconditionnement est une filière très concurrentielle, avec des marges brutes de l’ordre de 10 % voire 20 % dans le meilleur des cas. Or, la redevance copie privée est un forfait fixe, indépendant du prix de vente – le barème dépend uniquement de la capacité de stockage des produits. Il faut compter 8,40 euros pour les appareils de plus de 64 Go, ce qui est considérable pour les téléphones reconditionnés d’entrée de gamme, au-dessous de 200 euros.

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