Economie

Intel à l’offensive sur le secteur des semi-conducteurs

Pat Gelsinger, le patron d’Intel, en conversation avec le président français, Emmanuel Macron, le 28 juin, lors du sommet Choose France, à Versailles.

De leur entretien avec Pat Gelsinger, le PDG d’Intel, pour commenter les derniers résultats trimestriels du fabricant de semi-conducteurs, les analystes financiers n’auront peut-être pas retenu avant tout les bons résultats de l’entreprise. Certes le groupe a réalisé près de 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros) de chiffres d’affaires, au-dessus des prévisions, et relevé ses prévisions pour l’année à 73,5 milliards de dollars. Mais ce sont plutôt quelques commentaires du dirigeant, arrivé à la tête de la compagnie en février, qui auront retenu l’attention.

Premier constat posé par le dirigeant : la pénurie de semi-conducteurs qui frappe l’économie mondiale depuis la crise du Covid-19 pourrait perdurer jusqu’en 2023, avec un pic cet été. Il n’est pas le premier à prévenir sur cette mauvaise passe, mais certainement le plus pessimiste : avant lui, en mai, Jean-Marc Chéry, le PDG du fabricant franco-italien de composants électroniques STMicroelectronics, avait prédit que la situation serait « extrêmement tendue » jusqu’à la fin de l’année, avant un début de régularisation au premier semestre 2022.

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Face à un afflux de commandes inédit et à la désorganisation des chaînes logistiques due à la pandémie, les fondeurs, même en tournant à plein régime, n’ont pas été en mesure de répondre aux demandes de tous leurs clients, grippant les chaînes de production de nombreuses industries, de l’automobile au marché des smartphones. Si l’augure du patron d’Intel se réalise, les mêmes acteurs ont du souci à se faire pour les mois à venir.

« Nous pensons simplement que les petits acteurs ne seront pas en mesure de suivre », Pat Gelsinger, le PDG d’Intel

Autre commentaire glissé par M. Gelsinger, l’heure est à la consolidation du marché : dans un secteur où la compétition fait rage, « nous pensons simplement que les petits acteurs ne seront pas en mesure de suivre », assure-t-il, et que seuls les compagnies les plus en pointe pourront survivre. Intel compte bien être de ceux-là dans un marché de 464 milliards de dollars en 2020, appelé à connaître une croissance de 12,5 % en 2021 selon le cabinet IDC.

Pour ses interlocuteurs, l’analyse du patron d’Intel donne corps à la rumeur qui court depuis quelques jours selon laquelle l’américain serait prêt à débourser 30 milliards de dollars pour mettre la main sur GlobalFoundries, propriété de Mubadala, un fonds souverain d’Abou Dabi. L’opération lui permettrait d’augmenter rapidement ses capacités de productions – et pas nécessairement uniquement pour Intel mais aussi pour des tiers, comme le font ses principaux concurrents, le taïwanais TSMC et le coréen Samsung. Cela pourrait notamment permettre à Intel de disposer d’usines en Europe puisque GlobalFoundries, né de rachat de l’activité industrielle de l’américain AMD, son concurrent historique, possède une grosse unité à Dresde en Allemagne.

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