Economie

Une enveloppe de 500 millions pour renflouer La Poste

Turquoise ? Taupe ? Le timbre Marianne pourrait bien étrenner un nouveau coloris en 2022, s’ajoutant au rouge des lettres prioritaires délivrées le lendemain et au vert pour les plis du surlendemain. Le gouvernement, en effet, a annoncé jeudi 22 juillet que La Poste allait « préparer d’ici à 2023 une nouvelle gamme, centrée sur une offre à J + 3 ».

Cette décision, diffusée à l’issue d’un comité de suivi de haut niveau du contrat d’entreprise entre l’Etat et La Poste, présidé par le premier ministre, Jean Castex, fait partie d’un paquet de mesures destinées à prendre en compte l’attrition dramatique du courrier. L’érosion tendancielle des volumes, entamée en 2008, a été multipliée par trois pendant la crise due au Covid-19, selon le rapport sur les « mutations du service universel postal » de Jean Launay, ancien député du Lot missionné en février par le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La Poste fait face à l’effondrement de son activité courrier

Conséquence, cette activité déficitaire depuis 2018 a généré en 2020 une perte record de 1,3 milliard d’euros pour La Poste. Depuis longtemps, l’opérateur faisait valoir que la situation était insoutenable et risquait même de mettre en danger ses activités concurrentielles, la banque ou le numérique, en les privant de ressources. Il demandait à l’Etat de compenser une partie de ses pertes sur le courrier et de lui permettre d’adapter son dispositif.

Le courrier, cette activité déficitaire depuis 2018, a généré en 2020 une perte record de 1,3 milliard d’euros pour La Poste

La distribution de plis et colis 6 jours sur 7 dans toute la France constitue, en effet, une mission de service public. Jusqu’à présent, La Poste était indemnisée pour ses autres missions – distribution de la presse, aménagement du territoire, accessibilité bancaire – mais pas pour le courrier. M. Castex a tranché. Il a accepté le principe d’une compensation pour le service universel postal. L’enveloppe a été fixée à 500 millions d’euros par an sous forme de dotation budgétaire versée dès 2021, une fois l’aide approuvée par la Commission européenne. En sus, La Poste pourrait recevoir jusqu’à 20 millions d’euros en fonction de sa qualité de service.

Pas de quoi combler, toutefois, les pertes structurelles du service universel postal, évaluées à environ 900 millions d’euros par an à horizon 2025, selon les projections du rapport Launay. La cause : une logistique surdimensionnée par rapport aux usages des ménages et des entreprises, à l’heure des courriels, de la signature électronique et de la dématérialisation des factures.

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