Economie

Vent de fronde contre le « Puy-du-Fou provençal »

Une fronde se lève contre le Rocher Mistral, ce parc à thème qui vient d’être inauguré en grande pompe dans le château de La Barben (Bouches-du-Rhône), surnommé le « Puy-du-Fou provençal ». On est encore loin de la révolte des cascaveous, ces paysans provençaux du XVIIsiècle dont le nouveau propriétaire des lieux, Vianney Audemard d’Alançon, réécrit l’histoire dans un des spectacles proposés quotidiennement, mais la colère enfle contre l’entrepreneur de 35 ans, moins d’un mois après l’ouverture de la première tranche du site au public.

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Jeudi 22 juillet, la société Rocher Mistral a été assignée en référé devant le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence par un groupe de propriétaires voisins et l’agence immobilière qui loue leurs résidences. Ces riverains, parmi lesquels la sœur de l’ex-propriétaire du château, demandent la suspension des spectacles musicaux pour cause de nuisance sonore. Mais aussi l’interdiction de l’exploitation du parking de 429 places et du village commercial installé sur l’ancien jardin potager, classé monument historique depuis 2006. Deux parcelles qui, selon les plaignants, sont « aménagées sans autorisation ».

« Ce que l’on reproche à l’exploitant, c’est d’aller un peu vite en besogne, sans réaliser l’étude d’impact que le code de l’environnement impose et que le préfet des Bouches-du-Rhône a pourtant exigé en juillet 2020 », pointe Jean-Marc Descoubès, leur avocat. « Nous avons basculé du paradis à l’enfer, en passant par le purgatoire des travaux. On ne peut même plus utiliser notre jardin », grince le locataire d’une de ces villas jusqu’alors nichées dans un écrin de calme, entre pinède et Touloubre, la petite rivière parfois colérique qui traverse La Barben.

Des espèces protégées sur le site

Excédés par l’enchaînement des spectacles sept jours sur sept, de 9 h 30 à 23 h 30, les riverains demandent que l’étude d’impact porte aussi sur l’augmentation du trafic automobile et les risques d’inondation induits par les travaux réalisés pour l’ouverture au public. Le 19 juillet, le tribunal administratif de Marseille s’est jugé incompétent face à une première requête. A Aix, la comparution est fixée au 10 août.

Cette assignation suit celle déposée le 28 mai par le collectif d’associations écologistes France Nature Environnement (FNE). Aux mêmes accusations d’aménagements sans autorisation, FNE ajoute celle de « perturbation intentionnelle d’espèces protégées ». En l’occurrence une colonie de chauve-souris, des murins à oreilles échancrées, qui nichait jusqu’alors dans les caves du château. « A quoi servent les lois de protection de l’environnement si on ne les applique pas ? », s’interroge Stéphane Coppey, délégué FNE13, alors que Rocher Mistral assure travailler sur la question avec le Groupe chiroptères de Provence. L’audience, prévue mi-juillet, a été repoussée au 26 octobre. « Ce qui enlève beaucoup d’intérêt au référé », constate, amer, le militant écologiste.

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