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comment sont fixés les prix des péages ?

Les sociétés d’autoroutes peuvent fixer les tarifs, mais l’Etat contraint leurs libertés. Le point sur les règles en vigueur.

Mauvaise humeur à la barrière. Comme chaque année, des millions de Français empruntent les autoroutes en direction de leur lieu de vacances. L’occasion de s’interroger sur le tarif des péages, leur fixation et leur (éventuelle) justification.

=> Prix des autoroutes 2021 : les axes les plus chers

Contrairement à l’Allemagne, la France a opté en 1952 pour le régime de la concession. Le raisonnement du ministre des Travaux publics, Antoine Pinay, était le suivant : des sociétés d’économie mixte – où l’Etat sera majoritaire – seront crées pour construire puis entretenir le réseau naissant pendant une longue période. Elles se rembourseront ensuite en demandant un droit de passage aux usagers. Le premier péage fut ainsi inauguré sur l’A8, au bord de la Méditerranée, en 1961.

10 000 kilomètres d’autoroutes furent ainsi tracées, avant un grand tournant politique dans les années 2000. Aiguillé par Bercy, le gouvernement de Dominique de Villepin privatisa les sociétés. Les groupes de BTP Vinci, Eiffage et Abertis acquirent alors le capital des concessionnaires historiques (ASF, Escota, Cofiroute…) pour un montant total de 15 milliards d’euros. Ce faisant, les pouvoirs publics renonçaient aussi aux revenus futurs des péages… Dans un rapport de 2009, la Cour des Comptes estimait ainsi à 24 milliards d’euros la valeur de ces actifs.

=> L’enquête de France Inter sur la privatisation des autoroutes

Quels prix ? Quelles augmentations annuelles ?

Malgré ces privatisations, l’Etat conserve un droit de regard sur les tarifs pratiqués. Une augmentation annuelle intervient au 1er février, mais elle est tout de même encadrée : un décret de 1995 et des contrats passés avec l’Etat limitent la croissance des prix.

Les sociétés ont aujourd’hui au minimum droit à une augmentation correspondant à 70 % de l’inflation (hors prix du tabac) au cours de l’année précédente. De plus, une convention lie l’Etat avec les sociétés : elle définit les modalités de calcul et un tarif kilométrique moyen, prenant en compte les coûts d’entretien à la charge du concessionnaire. Des modifications peuvent être publiées au Journal officiel : l’Etat peut ainsi autoriser une hausse supérieure pour prendre en compte de grands travaux.

Illustration : Arafer

En 2020, les revenus des péages ont crû de 2,9 % tandis que le chiffre d’affaires des sociétés d’autoroutes ont atteint 10,4 milliards d’euros, selon les données de l’Arafer, autorité publique indépendante chargée de surveiller leurs activités.

De manière générale, l’étude des prix donne des indications sur les modes de calcul. Les autoroutes les plus récentes sont plus chères que les axes anciens, déjà rentabilisés. Par ailleurs, la nature du tracé influence aussi les tarifs. La présence d’ouvrages d’art spectaculaires (Tunnel Duplex A86, viaducs en montagne sur l’A41) est un facteur secondaire dans le tarif.

Photo de une : Fabrice Bolusset

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