Economie

Affaire Arnaud Lagardère-Amber Capital : une information judiciaire ouverte

Arnaud Lagardère, lors de l’assemblée générale du groupe, à Paris, le 10 mai 2019.

On pensait Arnaud Lagardère complètement détendu en cette veille des vacances. Le 30 juin, l’assemblée générale votait sa prolongation pour six ans à la tête de l’entreprise propriétaire d’Hachette, des boutiques Relay, d’Europe 1, du Journal du dimanche et de Paris Match. Après des mois de bataille, la paix venait d’être signée avec ses turbulents actionnaires, Vincent Bolloré, Bernard Arnault et le fonds d’investissement activiste britannique Amber Capital. La rentrée s’annonçait donc sous les meilleurs auspices.

Cette quiétude pourrait être de courte durée. Selon nos informations, le parquet national financier (PNF) a ouvert, en avril, une information judiciaire pour des chefs d’abus de biens sociaux, d’achat de vote, de comptes inexacts et de diffusion d’information fausse ou trompeuse, ce qui a entraîné la nomination d’un juge d’instruction. Pourtant, en signant un accord avec ses partenaires, Arnaud Lagardère mettait également fin aux multiples procédures en cours avec Amber Capital. Mais l’histoire lui a échappé : le PNF a décidé de se saisir de la plainte déposée par le fonds activiste en février, quand la crise était encore vive. Chez Lagardère, on affirme ne pas avoir encore été informé de la démarche du parquet.

Lire notre récit : Arnaud Lagardère, le calme avant la tempête

Depuis trois ans, l’héritier et Amber Capital bataillent devant les tribunaux. Un bras de fer judiciaire qui trouve ses origines dans l’assemblée générale de mai 2018. A l’époque, le britannique souhaite faire nommer deux administrateurs au conseil de surveillance. Lagardère s’y oppose. Les deux belligérants travaillent au corps chaque actionnaire pour emporter ses suffrages.

Retournement de veste du Qatar

Le Qatar, premier actionnaire du groupe, et censé être un allié historique d’Arnaud Lagardère, manque de basculer dans le camp du fonds activiste. Il commence par voter en sa faveur. Avant de se rétracter au dernier moment. Pourquoi ? Ce retournement de veste est secret, mais la rumeur court dans Paris. Les interrogations sur les positions du Qatar s’amplifient en septembre, quand Lagardère fait entrer à son conseil Jamal Benomar. Officiellement, ce Maroco-Britannique a occupé de hautes fonctions à l’Organisation des Nations unies. En réalité, il est soupçonné d’être « un agent secret » du Qatar, comme l’a affirmé, aux Etats-Unis, Elliott Broidy, un républicain proche de Donald Trump, en guerre avec l’émirat.

Lagardère aurait-il monnayé le retournement de son partenaire par une place au conseil ? Le groupe, lui, justifie la nomination de ce diplomate, qui ne connaît pas le monde des affaires, par sa très bonne « connaissance de nombreux pays, particulièrement en Afrique et au Proche-Orient ». Rien à voir avec le Qatar, affirme Lagardère.

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