Economie

Les plates-formes d’échange de cryptomonnaies sous le feu des régulateurs

Malte, les îles Caïmans, ou quelque part en Asie ? Depuis son lancement en 2017, la plate-forme d’échange de cryptomonnaies Binance laisse planer le doute sur le lieu de son siège social. Son fondateur, le Sino-Canadien Changpeng Zhao, affirme régulièrement qu’elle n’en a même pas, ce qui a le don d’agacer les grands régulateurs. Depuis quelques semaines, ces derniers ont Binance dans le viseur.

Jeudi 15 juillet, le gendarme financier italien lui a rappelé que ses services ne sont pas autorisés sur son sol. Quelques jours plus tôt, le régulateur britannique lui a retiré l’autorisation de vendre certains produits financiers issus des cryptomonnaies au Royaume-Uni. Son homologue japonais lui reproche de proposer ses services dans l’archipel nippon sans son aval, tandis que plusieurs administrations américaines mènent l’enquête sur ses activités.

Une étrange partie de cache-cache réglementaire loin de refroidir les utilisateurs de Binance, mastodonte du secteur : en juin, la plate-forme a enregistré un volume d’échange de 668 milliards de dollars (567 milliards d’euros), le plus gros au monde. « C’est dire le poids financier que représentent aujourd’hui les plates-formes d’achat et vente de cryptomonnaies », résume un investisseur parisien.

Intérêt croissant

Autre illustration : le 14 avril, Coinbase, la plus grande plate-forme américaine, a fait une entrée fracassante à Wall Street, avec une valorisation de 86 milliards de dollars, proche du record détenu par Facebook, qui avait été valorisé à plus de 100 milliards de dollars lors de sa cotation initiale, en 2012… Bien sûr, cette euphorie tient en partie aux excès de liquidités disponibles sur les marchés, en raison des politiques monétaires ultra-accommodantes. Mais pas seulement. « Derrière l’essor de ces plates-formes, c’est aussi le visage futur de la finance qui se joue », estime Oliver Yates, chez SheeldMarket, une start-up spécialiste des cryptomonnaies.

Pour le comprendre, un petit retour en arrière s’impose. Né en 2008, le bitcoin, dont le fonctionnement repose sur la « blockchain », une technologie cryptographique de stockage et transmission des informations, fut longtemps prisé par un cercle étroit d’initiés, et soupçonné de couvrir des activités illicites. Ether, ripple, litecoin… Au fil des ans, des dizaines d’autres cryptomonnaies sont nées – les régulateurs préfèrent parler de « cryptoactifs » –, suscitant l’intérêt croissant des investisseurs particuliers et institutionnels en quête de rendement.

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