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Essai Land Rover Defender 110 V8 : l’anar-chic

D’une catégorie déjà accusée de tous les maux, le chic tout-terrain britannique pousse le bouchon jusqu’à s’offrir les services d’un ronflant V8 essence de plus de 500 ch. Quel rebelle !

Comme chacun sait, la kriptonite rend Super Man passablement vulnérable. Dans un autre genre, il y a fort à parier que Greta Thunberg ne se sentirait pas dans son assiette non plus à proximité d’un Land Rover Defender V8. Ça peut se comprendre. Même en se faisant volontiers l’avocat du diable, de nos jours, difficile de justifier le choix d’un engin profilé comme une boîte à chaussures, mû par un bloc 5.0 essence à compresseur de 525 ch. Un monstre tellement gourmand en énergie fossile que sa fiche technique avoue, non sans une certaine pudeur, qu’il rejette en moyenne (!) entre 332 et 340 g/km de CO2. Le concept frôle l’obscénité.

Malheureusement, preuve s’il en fallait que l’homme est un être faible, ces considérations environnementales (en tout cas les nôtres) s’évaporent à l’instant même où le moteur s’ébroue sous le long capot horizontal. Au cœur d’une nuée de SUV électrifiés, évidemment tous plein de bons sentiments, c’est un régal de dépaysement ! Pour rajouter au pittoresque de l’expérience, notre exemplaire, un châssis long 110, se conduit depuis le côté droit.

Sans parler de la mélopée aux accents nautiques qui accompagne la moindre accélération, le contact du volant en Alcantara au creux des mains convainc instantanément du caractère génialement loufoque de ce Defender, capable de “coller” près d’une seconde à une VW Golf 8 GTI au 0 à 100 km/h. Car sans tout à fait développer la même cavalerie que sous le capot du Jaguar F-Pace SVR notamment, le 8-cylindres suralimenté du groupe JLR propulse cet anachronisme avec une facilité déconcertante. Toujours aussi prompte à s’exécuter, la boîte auto à 8 rapports d’origine ZF permet au besoin de relancer sans jamais avoir l’impression de forcer.

En quittant les grandes courbes de l’autoroute espagnole pour rejoindre les lacets des environs de Montserrat, revient néanmoins la question de la cohérence d’une telle version. A quoi bon donner autant d’élan à un 4×4 suréquipé de près de 2,7 tonnes ?

Juchée sur sa suspension pneumatique recalibrée pour l’occasion et ses barres anti-roulis spécifiques, cette Land Rover y répond avec flegme ; en enroulant copieusement les sinuosités du réseau secondaire catalan. A hausser le rythme jusqu’à faire hurler ses Continental CrossContact, moins fans de bitume que de chemins poussiéreux, son ESP, très vigilant, intervient finalement davantage pour prévenir tout risque de chavirage que pour l’aider à tourner. Probant, le différentiel arrière piloté et sa fonction de transfert de couple par freinage gomme au moins plusieurs quintaux au moment de virer de bord.

Par sa puissance, son timbre charismatique et surtout son prix, le “Def” V8 peut en prime être vu comme l’une des rares supercars de cette planète à dévorer indifféremment l’asphalte et de profondes ornières ou d’impitoyables pierriers. Car au-delà du mode Dynamic, pour le première fois proposé sur ce modèle emblématique de la marque, le système Terrain Response regorge toujours de programmes permettant d’évoluer en milieu hostile le coude à la portière. La preuve ici en image lors d’un détour par un véritable parcours off-road au volant d’un châssis court 90… S’il n’existait pas, ce Defender V8 ne manquerait à personne. Mais ça valait quand même le coup de l’inventer.

Notre verdict

Génial bras d’honneur à l’automobilement correct, le Defender V8 s’adresse aux aventuriers en quête des stations essence les plus reculées. Et aux climato-sceptiques.

On aime

  • Charme terrassant du V8
  • Performances étonnantes
  • Capacités tout-terrain

On aime moins

  • Fiscalité sans équivoque
  • Consommation déraisonnable
  • Tarif de supercar ou presque

Fiche technique Land Rover Defender 110 V8 Carpathian

ACHETER

  • Version essayée : 129 600 €
  • À partir de 126 000 € (Defender 90)
  • Conso moyenne constructeur/durant l’essai (l/100 km) : 14,7-15,1/22,3
  • CO2/malus : 332-340/30 000 €
  • Puissance fiscale : 43 cv
  • Pays de fabrication : Royaume-Uni

Gamme proposée

  • Essence de 400 à 525 ch, de 66 500 € à 129 600 €
  • Diesel de 200 à 300 ch, de 57 600 € à 103 800 €
  • Hybride rechargeable 404 ch, de 75 500 € à 108 400 €

CONDUIRE

  • Moteur : longitudinal avant, V8 compresseur, injection directe, 32 soupapes, distribution variable par chaîne, stop & start, 5 000 cm3
  • Transmission: intégrale, automatique 8 rapports
  • Puissance maxi à tr/min (ch) : 525 à 6 000
  • Couple maxi à tr/min (Nm) : 625 à 2 500
  • Poids (kg) : 2 678
  • Long.xlarg.xhaut. (m) : 5,02×2,01×1,97
  • Empattement (m) : 3,02
  • Réservoir (l) : 90
  • Vitesse maxi (km/h) : 240 (limitée)
  • 0 à 100 km/h : 5”4
  • Pneus de série : 275/45 R22
  • Pneus de l’essai : Continental CrossContact RX

VIVRE

  • Largeur aux coudes AV/AR (cm) : 162/159
  • Longueur aux jambes AR (cm) : 77
  • Coffre à 5/2 (l) : 786/1 875

OPTION CONSEILLÉE

  • Ecran multimédia 11”4 : 141 €

PRINCIPALE CONCURRENTE

  • Mercedes-AMG G 63, à partir de 167 101 €

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