Economie

« Politis » dans la tourmente à la suite de l’implication du conjoint du rédacteur en chef dans une affaire d’escroquerie

« Nos combats sont indéfectibles. » Ainsi Politis a-t-il titré un billet publié sur son site mardi 20 juillet et rebondissant sur l’affaire dans laquelle est pris son rédacteur en chef, Gilles Wullus. La veille, un article de StreetPress accusait le journaliste d’être « impliqué » dans une vaste escroquerie aux dépens de sans-papiers commise par son conjoint, Azzedine Jamal. Selon nos confrères, qui affirment avoir identifié 79 victimes, les quatre apporteurs d’affaires d’Azzedine Jamal ont porté plainte lundi 19 juillet pour usurpation de la qualité d’avocat, escroquerie et travail dissimulé. L’ex-manageur de la danseuse Mya Frye aurait facturé entre 5 000 et 9 000 euros le dossier de régularisation de titre de séjour, sans les mener au bout.

« C’est peu dire que nous avons été secoué·es et choqué·es. Les faits relatés sont d’une extrême gravité. Ils sont en totale contradiction avec les valeurs que notre journal défend depuis plus de trente ans », s’est ému l’hebdomadaire engagé à gauche. La veille, plusieurs journalistes de la rédaction exprimaient leur désarroi sur Twitter.

« Mauvaise gestion »

Gilles Wullus a été mis « en retrait » du journal. Il dément « catégoriquement les faits qui [lui] sont imputés », et dit n’avoir « jamais participé à une quelconque infraction ». Depuis 2017, celui qui passa douze ans à Libération, avant de diriger Têtu, est le curateur renforcé de M. Jamal, qui souffre de troubles psychiques. En janvier, il s’est même mis en arrêt maladie plusieurs mois pour pouvoir s’occuper de son conjoint, dont les problèmes s’accentuaient. Que savait-il de ses activités ?

« J’ai découvert au fil de l’eau que des choses n’allaient pas. Mais c’était surtout de la mauvaise gestion. Il a pris trop de clients. Je suis certain qu’il voulait aller au bout de ses dossiers », affirme-t-il auprès du Monde, expliquant que le statut de curateur ne le rend pas responsable de tous ses agissements. « Il peut faire à peu près ce qu’il veut, sauf certaines choses, comme devenir gérant de société », poursuit-il. Sauf qu’en janvier Azzedine Jamal a fait une entorse à cette règle sans en informer son mari. Désarçonné, Gilles Wullus a maintenant décidé de « saisir le juge des tutelles » et dit réfléchir aux suites judiciaires à donner à l’affaire. Son avenir à Politis n’est à ce jour pas tranché. Azzedine Jamal, lui, a décidé de le dédouaner. « J’ai sciemment caché à mon conjoint ce que j’ai fait », a-t-il précisé à l’AFP.


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