Economie

Les Jeux olympiques façonnent les métropoles et la culture de l’aménagement

Le Village olympique, à Tokyo, qui hébergera les athlètes des JO 2021.

Tribune. Tokyo 2020 – devenu Tokyo 2021 en raison du report des Jeux olympiques à la suite de la pandémie de Covid-19 –, Pékin 2022, Paris 2024, Milan 2026, Los Angeles 2028… Alternant tous les deux ans entre sessions d’été et d’hiver, les Jeux olympiques sont des événements sportifs itinérants mais résolument ancrés dans les territoires. Alors que la session nippone se fera sans aucun public à cause de l’épidémie, ces JO suscitent de nombreuses controverses quant à leur (sur) dimensionnement.

Depuis leur refondation moderne par Pierre de Coubertin en 1896, les JO ont beaucoup évolué. Pour les athlètes et les spectateurs, les enjeux de la compétition sportive restent prédominants. Mais l’événement sportif est aussi devenu un événement urbain qui transforme l’aménagement des villes hôtes, et explique, en partie, la croissance des coûts que doivent assumer les collectivités locales.

Entre sport, aménagement, compétition sportive et urbaine, les JO se trouvent au cœur de dynamiques politiques, sociales et économiques complexes autour desquelles se cristallisent critiques et fascinations populaires.

Les JO, accélérateurs d’urbanité pour les métropoles

Tout comme Paris 2024 ou Tokyo 2021, les villes hôtes sont sélectionnées après un concours international dans lequel la qualité des infrastructures sportives et de l’événementiel n’est plus le seul critère d’attribution des Jeux : celui des infrastructures urbaines, comprenant les réseaux, le bâti ou encore les espaces verts, est devenu tout aussi important, au même titre que l’attention portée à l’environnement et à l’avenir des équipements construits.

En ce sens, les promesses d’avenir pour le pays hôte comptent autant que l’insertion des JO dans la dynamique impulsée préalablement à leur tenue. C’est cette préoccupation de fond qui avait fait défaut à Paris lors de sa campagne malheureuse face à Londres pour les Jeux de 2012. A l’époque, la capitale britannique avait déjà largement avancé ses réflexions autour de l’ambitieux chantier d’aménagement du Greater London, alors que les réflexions sur le Grand Paris piétinaient. Il aura fallu attendre son arrivée à maturité pour que la candidature française remporte, une décennie plus tard, les Jeux de 2024.

Le constat est similaire pour Tokyo qui, après l’échec de sa candidature face à Rio de Janeiro (Brésil) pour les Jeux de 2016, a su remporter ceux de 2020 grâce à l’expérience accumulée par plus de dix ans de renaissance urbaine. Les Jeux olympiques n’impulsent ainsi pas de dynamiques d’aménagement nouvelles, mais s’insèrent dans des chantiers d’aménagement de long terme, c’est-à-dire dans des dynamiques préexistantes qu’ils amplifient et accélèrent mais ne créent pas.

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