Economie

le syndicat Solidaires Informatique dépose une plainte

Ubisoft est le créateur des séries de jeux « Assassin’s Creed », « Far Cry » ou encore « Immortals ».

L’affaire avait éclaté sur les réseaux sociaux au début de l’été 2020 : plusieurs femmes portaient des accusations de harcèlement contre des cadres d’Ubisoft, numéro un français du jeu vidéo. Dans la foulée, la presse s’était rapidement saisie de ces dénonciations en recueillant elle-même une série de témoignages. Ce sera désormais au tribunal de Bobigny de se prononcer : le syndicat Solidaires Informatique a déposé une plainte contre le groupe Ubisoft le 15 juillet pour harcèlement sexuel institutionnel, à laquelle s’ajoutent des plaintes individuelles contre plusieurs cadres.

Les accusations visent nommément Serge Hascoët, l’ex-directeur créatif d’Ubisoft, considéré comme le numéro deux du groupe à l’époque, et Tommy François, l’un de ses plus proches collaborateurs. Ces deux personnes ne font plus partie d’Ubisoft : à la suite d’une série d’enquêtes internes, ils ont été poussés à la démission ou licenciés, selon le communiqué de Solidaires Informatique.

Certains visés restent en fonction

Cécile Cornet, la directrice des ressources humaines mise en cause par de multiples témoignages et elle-même visée par la plainte pour avoir « laissé le harcèlement prospérer », aurait finalement quitté l’entreprise en avril 2021, selon un porte-parole de Solidaires Informatique contacté par Le Monde. Ubisoft n’a pas immédiatement confirmé ou infirmé cette information.

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Sont également ciblés l’ancien assistant de Serge Hascoët ainsi que divers membres des ressources humaines, dont certains restent en fonction dans l’entreprise, selon Marc Rutschle, responsable de section du syndicat chez Ubisoft. Après la purge de juillet 2020, le PDG d’Ubisoft, Yves Guillemot, avait déclaré : « Ce n’est pas acceptable. Tout comportement toxique est en opposition totale avec les valeurs avec lesquelles je n’ai jamais transigé et avec lesquelles je ne transigerai pas. » Yves Guillemot n’est toutefois pas épargné par la plainte, au motif qu’il est « responsable de ce qui arrive au sein de l’entreprise ».

« Peur d’être vues comme des fauteuses de troubles »

Les plaignants sont deux femmes victimes supposées de harcèlement, ainsi que le syndicat Solidaires Informatique, qui s’est constitué partie civile. « D’autres personnes ont envisagé de se joindre à la plainte, ajoute Marc Rutschle, mais elles ont changé d’avis lorsque nous leur avons appris qu’elles ne pourraient pas rester anonymes. Certaines sont toujours en poste chez Ubisoft, d’autres travaillent ailleurs dans l’industrie du jeu vidéo. C’est un petit monde, elles ont peur d’être vues comme des fauteuses de troubles. »

Le syndicat signale qu’il est encore temps que d’autres personnes rejoignent cette action en justice collective. Contacté par Le Monde, Ubisoft a mis en avant les efforts déployés depuis une année pour faciliter le signalement de comportements abusifs et féminiser son encadrement.


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