Economie

Les médias à l’heure de la sous-traitance

Les mensuels Marie France, Top Santé et Biba ? Elaborés et écrits par les collaborateurs d’ETX Studio (anciennement Relaxnews). Les sites Internet de Valeurs actuelles, Gala, Capital ou encore RTL ? Alimentés, pour l’essentiel, par les équipes de 6Medias, propriété de Dioranews. Maxi Cuisine, le magazine du site Marmiton, celui de la marque de robots ménagers Thermomix (vendu en kiosque) ? Conçu par Com’Presse.

Depuis quelques années, de nombreux médias sous-traitent en partie, voire en totalité, les articles qu’ils produisent, pour des raisons d’économies, à un panel d’agences de presse. Mis en lumière cet hiver par le combat des anciens salariés de Science & Vie, le phénomène fait redouter l’apparition de journaux sans journalistes, la publication de contenus pas toujours rigoureux ou critiquables d’un point de vue déontologique, sur fond de précarisation toujours plus grande de la profession. La fabrication n’échappe pas à ce processus d’externalisation. Ainsi, au printemps, les mensuels Psychologies et Les Inrockuptibles, après avoir procédé à des licenciements, ont confié leur maquette à des sociétés extérieures.

ETX Studio, spécialisé dans les mutations des modes de vie, facture chaque page qu’il vend entre 500 et 800 euros hors taxe

« L’intérêt de faire appel à nous est double, explique Jérôme Doncieux, le fondateur d’ETX Studio et président du Syndicat des agences de presse d’informations générales (le Sapig, fort d’une quarantaine d’adhérents représentant un chiffre d’affaires, hors AFP, Reuters et Associated Press, de 33 millions d’euros annuels). Nos clients s’appuient sur des équipes spécialisées, et leur intérêt est aussi financier. Le modèle est plus flexible : si un donneur d’ordres décide de réduire sa pagination, ou même d’arrêter un titre, mieux vaut pour lui que le travail soit fait par un partenaire extérieur. » ETX Studio, spécialisé dans les mutations des modes de vie, facture chaque page qu’il vend entre 500 et 800 euros hors taxe, selon la masse de travail que cela a réclamée.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Reworld Media, ou la vision d’une presse sans journalistes

« La presse ne peut plus faire semblant de ne pas entendre qu’il y a une économie à tenir et qu’on n’est plus dans les années 1980 », soutient Michel Barisano, le directeur de la rédaction de 6Medias. Née en 1999, cette agence se consacre aux contenus à destination des sites Internet. Emmanuel Macron prononce une allocution ? Ses journalistes assurent un direct pour des sites de médias. Les samedis après-midi se révèlent creux en événements ? Les mêmes, ou leurs voisins de bureau, « bâtonnent » (abrègent et reformulent) des dépêches de l’Agence France-Presse afin de dynamiser les pages d’accueil. « On fait tout ce qui est annexe pour nos clients, décrit M. Barisano. On travaille très tôt le matin, très tard le soir, le week-end. On fait le tout-venant et on laisse aux rédactions le soin de mener leurs enquêtes. »

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