Economie

Matignon lance un audit sur le management « brutal » du directeur du service d’information du gouvernement

Une « mission d’audit » sur le fonctionnement du service d’information du gouvernement (SIG), chargé de suivre l’opinion et d’organiser la communication gouvernementale, placé sous la tutelle de Matignon, va être lancée, a annoncé le cabinet de Jean Castex, vendredi 16 juillet. La mission sera confiée « à un cabinet extérieur et indépendant, spécialisé dans les questions de qualité de vie au travail », a précisé Matignon à l’Agence France-Presse (AFP).

Cette décision fait suite à la publication dans Le Monde d’une enquête faisant état du management jugé « brutal » par plusieurs anciens collaborateurs. Paranoïa, venue au bureau positif au coronavirus, approche très militante de son poste, humiliations régulières en réunion… nombreux sont les griefs listés par dix-sept témoins – tous anonymes de peur de représailles – au Monde.

Lire l’enquête du « Monde » : Le directeur du service d’information du gouvernement critiqué par ses équipes pour son management « brutal »

Matignon affirme qu’il n’y avait pas eu d’alerte

Le cabinet du premier ministre affirme avoir été « alerté par un article du Monde sur des allégations de relations de travail inappropriées au sein du SIG », en l’occurrence à propos de son directeur Michaël Nathan et de son adjointe Julie Chiret-Cannesan, mais qu’aucune « information ou alerte d’aucune sorte n’était remontée jusqu’alors sur le fonctionnement de ce service ».

« Les faits allégués doivent être pris très au sérieux. Le strict respect des valeurs s’attachant aux relations humaines et professionnelles doit en effet primer en toutes circonstances », souligne pour sa part le cabinet du premier ministre. Pour autant, dans l’attente des conclusions de l’audit, attendues au mois de septembre, il conserve « sa confiance dans la direction du SIG, dont la qualité du travail au cours des derniers mois doit être soulignée ».

« Fort avec les faibles, faibles avec les forts »

Des tentatives d’alerte ont pourtant bien eu lieu, expliquent plusieurs collaborateurs au Monde. « On ne peut guère compter sur les habituels garde-fous : les délégués du personnel s’écrasent et quand on en parle à la médecine du travail ou à des gens de la DSAF [direction des services administratifs et financiers], ils nous répondent : On sait, mais on ne peut rien faire. »

« Il y a un vrai sujet de brutalité », M. Nathan « a cassé la maison », a confié pour sa part à l’AFP, comme d’autres personnes interrogées, un ancien collaborateur du SIG. Une ancienne collaboratrice évoque des « humiliations constantes » de la part d’un homme « fort avec les faibles et faible avec les forts ».

Michaël Nathan a réfuté auprès du Monde les accusations et se décrit comme « un directeur exigeant mais juste ». « J’écoute l’avis de mes collaborateurs, je partage ma vision et mes interrogations, en toute confiance et en toute franchise, ajoute-t-il. (…) S’il y a pu avoir des discussions franches et parfois des divergences de points de vue, je démens toute méthode de management brutal », a-t-il dit au journal. Son adjointe, elle, accusée d’isoler Michaël Nathan et de « nourrir sa paranoïa », estime que sa feuille de route, à savoir structurer les échanges entre le directeur et ses équipes, a pu être « interprétée comme une manière de limiter la spontanéité entre lui et ses collaborateurs ».

Le Monde avec AFP


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