Economie

les secteurs de l’acier et du ciment reconnaissent leur retard

L’usine du géant de l’acier ArcelorMittal à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), en mars 2017

Ursula von der Leyen l’avait reconnu, le 16 septembre 2020, dans son discours sur l’Union prononcé devant le Parlement européen : réduire de 55 % les émissions de dioxyde de carbone (CO2) d’ici à 2030 par rapport à 1990 « est trop important pour certains et insuffisant pour d’autres ». Mais, assurait la présidente de la Commission, « notre économie et notre industrie peuvent y faire face ».

C’était aussi l’avis de 200 patrons de multinationales, dont les français Alstom, EDF, Engie, Orange, Saint-Gobain, Schneider Electric et Veolia, qui cosignaient une lettre ouverte soutenant ce projet « Fit for 55 » pour « éviter les pires effets du climat et assurer une reprise économique durable et compétitive ». Hormis Total, aucun acteur des industries extractives (charbon, pétrole, gaz, minerais…) ne figurait parmi les signataires. Pas plus que le cimentier LafargeHolcim, le sidérurgiste ArcelorMittal ou Air France-KLM.

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Tous les secteurs ne sont pas dans la même situation. Le transport aérien était exonéré de taxe sur le kérosène depuis 1944. Au nom de la « cohérence » de sa politique climatique, la Commission a opté pour une imposition progressive sur les vols intra-européens, qui devra recueillir l’unanimité des Vingt-Sept. L’Association internationale du transport aérien a dénoncé des « mesures punitives », alors que le secteur n’entrevoit pas de retour à la situation de 2019 avant 2024-2025. L’A4E, le lobby des compagnies européennes, a mis en garde Bruxelles contre une perte de compétitivité face aux concurrents extra-européens et un surcoût à 10 milliards d’euros en 2030 (y compris la fin de la gratuité des droits à polluer).

La sidérurgie, responsable de 7,6 % des émissions mondiales de CO2 (4 % en France), est en retard, même si elle rappelle qu’une centaine de projets « verts » sont à un stade avancé sur le Vieux Continent. Axel Eggert, directeur général de l’Association européenne de l’acier, juge l’objectif de 55 % « réalisable », à condition de fixer « de toute urgence » un cadre approprié : soutien public à l’innovation, création d’un marché des matériaux verts, énergies renouvelables à un prix abordable, règles de concurrence équitables pour éviter le dumping des pays à bas coûts (Chine, Russie, Turquie…).

Davantage de recyclage

Néanmoins, « plus de 75 % de la capacité mondiale actuelle ou en construction utilisera des technologies à forte intensité de carbone (haut fourneau et four à oxygène) », empêchant toute réduction du CO2 durant au moins quarante ans, relève un rapport de Global Energy Monitor publié en juin. « Les prévisions climatiques montrent clairement que le parc sidérurgique doit passer à une fabrication d’acier électrifiée », souligne Caitlin Swalec, sa principale autrice.

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