Economie

A Venise, les grands navires de croisière vont être bannis du centre

Un navire de croisière devant le palais des Doges, à Venise, en Italie, le 5 juin 2021.

Accusés de mettre en péril le centre historique de Venise classé au Patrimoine de l’Unesco, les grands navires de croisière en seront bannis à partir du 1er août, a annoncé mardi le gouvernement italien.

Le premier ministre italien, Mario Draghi, a salué « une étape importante pour la préservation de la lagune vénitienne », soumise depuis des décennies au ballet continuel des paquebots déversant des millions de visiteurs dans la cité des Doges.

Lire la tribune de Roberto Ferrucci: « Les navires de croisières doivent quitter la lagune de Venise »

Les bateaux de plus de 25 000 tonnes de jauge brute, de plus de 180 mètres de long, de 35 mètres de tirant d’air, ou dont les émissions contiennent plus de 0,1 % de soufre ne seront plus autorisés à entrer dans le bassin et le canal de Saint-Marc et le canal de la Giudecca.

Ils devront s’amarrer dans le port industriel de Marghera, où des aménagements seront réalisés, tandis que les navires de croisière plus petits (environ 200 passagers) pourront continuer à accoster au cœur de la ville, précise un communiqué du gouvernement.

Fragile écosystème

Les défenseurs du patrimoine et de l’environnement dénoncent depuis des années le fléau des grands navires qui menacent le fragile écosystème de la lagune et les fondations de son centre historique.

Le débat avait été relancé le mois dernier avec le retour des croisières après des mois de pandémie de Covid-19 qui avaient rendu aux Vénitiens calme et air pur.

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Par cette décision, l’Italie a voulu « éviter le risque concret d’une inscription de la ville sur la liste du patrimoine en péril », a souligné le ministre de la culture et du patrimoine, Dario Franceschini.

Le temps pressait car les organismes consultatifs de l’Unesco ont proposé cette inscription fin juin et le Comité du patrimoine mondial doit statuer lors de sa réunion en Chine du 16 au 31 juillet.

L’inscription sur la liste du patrimoine en péril peut permettre au comité d’accorder une assistance rapide au site concerné dans le cadre du Fonds du patrimoine mondial. Mais elle sert aussi à « alerter la communauté internationale dans l’espoir que celle-ci se mobilise pour sauver les sites concernés » et peut aussi être perçue « comme un déshonneur », selon l’Unesco. Surtout, si rien n’est fait à terme, le site peut être retiré de la liste du Patrimoine mondial.

Le Monde avec AFP


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