Economie

La réforme du stationnement entérinée à Paris : les deux-roues thermiques paieront

Dès le début de l’année prochaine, les motos et scooters non électriques devront s’acquitter d’un tarif équivalant à 50 % de celui des voitures.

Son adoption ne faisait pas de doute, compte tenu du consensus sur le sujet au sein de la majorité rose-rouge-verte qui dirige la capitale. La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a fait valider, mardi 6 juillet, en conseil municipal la réforme du stationnement de son adjoint écologiste David Belliard, qui prévoit notamment le stationnement payant dès 2022 pour les deux-roues motorisés thermiques.

Une « ambition de transformation extrêmement forte d’Anne Hidalgo » : l’adjoint Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la transformation de l’espace public a salué dans l’hémicycle parisien la promesse de campagne tenue par l’édile socialiste, réélue en 2020 et qui s’avance désormais comme la possible candidate du PS à l’élection présidentielle. Dès le début de l’année prochaine, les motos et scooters non électriques devront donc s’acquitter d’un tarif équivalant à 50 % de celui des voitures qui, elles, verront dès le 1er août 2021 une hausse du tarif visiteur de 4 à 6 euros ou de 2,4 à 4 euros l’heure, suivant les arrondissements.

Le stationnement deviendra progressivement payant aux bois de Vincennes et de Boulogne à partir de l’automne, même si le groupe communiste a obtenu des places gratuites aux abords des équipements sportifs afin de « préserver la vocation sportive des bois ». Et pour les contrevenants, le forfait post-stationnement (FPS), qui remplace depuis 2018 les contraventions, augmentera nettement : de 50 à 75 euros dans le centre et de 35 à 50 euros dans les arrondissements extérieurs.

La réforme prévoit également la suppression d’au moins 60 000 places de stationnement en surface, soit la moitié du parc actuel dans les rues de la capitale et environ 60 hectares, compensée par un recours accru aux parkings en sous-sol qui représentent la majorité (65 %) de l’ensemble des places. Les places pour les publics « prioritaires » doivent, en revanche, être développées au cours du mandat : 1 000 de plus pour les livreurs, autant pour les personnes handicapées, l’auto-partage et les vélos-cargos, 100 de plus pour les taxis, 2 400 bornes de recharge électrique en surface et 6 000 en sous-sol.

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« Une grande étape »

Les écologistes n’ont pas boudé leur satisfaction avec cette « grande étape vers la réappropriation de l’espace public ». « Alors que les véhicules individuels occupent 50 % de l’espace public et représentent seulement 13 % des déplacements quotidiens, cette réforme répond à plusieurs objectifs que nous portons, à savoir la réduction de la place de la voiture et des deux-roues motorisés sur la voirie au profit des Parisiens et de la nature », a salué Fatoumata Koné, présidente du groupe EELV.

« Réclamée par les membres de la conférence citoyenne et plébiscitée par les participants à la concertation en ligne » selon M. Belliard, la mesure-phare que constitue le stationnement payant pour les deux-roues motorisés thermiques apparaît comme une « mesure juste au vu de la rareté et du coût de l’espace, ainsi que de l’espace important occupé par le stationnement des deux-roues motorisés, notamment sur les trottoirs ».

Les opposants ont dénoncé une tarification trop élevée, pour les deux-roues comme les voitures, qui sera « indolore pour les riches et ne modifiera pas leurs comportements », a estimé Danielle Simonnet (LFI). « Notre désarroi est à l’image de l’attente que [la réforme] avait engendrée », a déploré Maud Gatel, chef des élus MoDem, qui reproche à Mme Hidalgo de faire des motards des « vaches à lait ».

« Il y a trois ans, vous aviez déjà doublé le prix du stationnement à Paris », a souligné le maire (LR) du 17e arrondissement Geoffroy Boulard pour qui la majorité de gauche vient « taxer ceux qui viennent travailler à Paris ». « Circuler dans Paris est devenu un cauchemar que vous allez rendre hors de prix », a encore fustigé l’élu LR.

Mais pour M. Belliard, « ce sont les plus riches qui se déplacent en voiture et en deux-roues motorisés », alors que « les plus pauvres, les plus modestes, la classe moyenne utilisent déjà massivement les transports en commun, la marche à pied ou le vélo ». « Ceux qui meurent de la pollution, ce sont d’abord les plus pauvres que vous prétendez défendre », a ajouté l’écologiste.

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Le Monde avec AFP


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