Economie

A Europe 1, le grand exode va commencer

Le journaliste Patrick Cohen, lors d’une manifestation pour protester contre le virage éditorial d’Europe 1, à Paris, le 30 juin.

A Europe 1, les salariés voguent vers la sortie. Selon nos informations, 76 salariés, dont 36 journalistes radio, ont déposé un dossier pour partir dans le cadre de la rupture conventionnelle collective (RCC) ouverte en avril, et dont la période de volontariat s’achevait mardi 6 juillet au soir. Le nombre de candidats est bien supérieur aux objectifs de l’accord, qui prévoyait entre 39 et 48 départs sur 204 salariés, et ce afin de réduire les 20 millions de pertes annuelles de la radio. « En vingt ans, on n’avait jamais vu autant de gens qui avaient envie de partir. A Europe 1, il y a une ambiance de fin de règne. Une nouvelle histoire va s’écrire à la rentrée », constate un journaliste.

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Depuis la grève de protestation contre la mainmise de Vincent Bolloré, premier actionnaire de Lagardère, maison mère d’Europe 1, la situation s’est accélérée. Les salariés ont appris, lundi 5 juillet, par Le Parisien, qu’outre Dimitri Pavlenko (chroniqueur dans « Face à l’info », l’émission d’Eric Zemmour), Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk, d’autres figures de CNews prendraient place à la rentrée.

Tribune : « Nous sommes aux côtés des salariés qui se battent pour défendre les valeurs d’Europe 1 »

Le matinalier Romain Desarbres va remplacer Patrick Cohen, Mouloud Achour (« Clique » sur Canal+) succédera à Emilie Mazoyer, aux commandes d’une émission musicale, et Thomas Lequertier, matinalier du week-end, enchaînera par des journaux au sein de la station. « Les gens prennent la fuite, surtout depuis qu’ils ont découvert le profil des nouveaux visages de l’antenne », commente un vétéran d’Europe 1.

Deuxième plan de départs

Ce plan de réduction des coûts n’est qu’une première salve. La patronne de la radio, Constance Benqué, a promis aux élus qu’un deuxième plan de départs serait ouvert dans la foulée du premier, afin de permettre à tous ceux qui n’auront pas profité de la RCC et qui ne se reconnaissent pas dans la nouvelle ligne éditoriale de partir. « C’est vertigineux de voir cette rédaction se vider à aussi grande vitesse. Les chefs, les spécialistes, les voix d’antenne partiront. C’est écrit et assez triste », se désole une figure d’Europe 1, qui assure « qu’au-dessous de 80 à 90 journalistes », il est très compliqué de produire une radio généraliste.

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La patronne de l’antenne, grande fidèle d’Arnaud Lagardère, aurait même songé à quitter le navire il y a un mois et demi. « Mais, finalement, elle a adopté la posture “petit soldat” en mode “je ne peux pas laisser tomber les troupes” », témoigne l’un d’eux. Reste aussi à régler le sort de Nicolas Canteloup. L’humoriste, qui a moqué « le grand capitaine breton » et la « CNewisation » de l’antenne, n’est toujours pas confirmé pour la rentrée, même si son contrat – de 1 million d’euros par an – avait été prolongé jusqu’en 2022.


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