Santé

quatre points importants à connaître avant intervention, par le Dr Mitz


Une augmentation mammaire peut changer positivement une vie : adolescente complexée par une poitrine toujours plate, ou mère accomplie dont la poitrine s’est vidée après une seule grossesse, ces cas fréquents sont inscrits dans ma mémoire de chirurgien esthétique. 

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De grands changements sont survenus dans le domaine des formes, textures et durabilité des implants siliconés et, de plus, les reconstructions du sein après cancer sont venues augmenter la demande, même si toutes les patientes ne demandent pas des implants, voire même pas de reconstruction du tout. On sait par ailleurs que les prothèses mammaires internes modernes ne relancent pas de processus cancéreux, sauf dans certains cas totalement isolés après introduction de prothèses macrotexturées particulières et bien identifiées. Quelques observations précises d’une expérience étalée sur 30 ans peuvent vous apporter des informations utiles. Voyons les quatre points importants à connaître sur l’augmentation mammaire.

1. Par quelle incision introduire les implants ?

Le choix de l’incision reste de votre entière décision, le chirurgien esthétique vous fera part de ses préférences, les avantages et inconvénients de chaque méthode, mais pour vous donner une idée des possibilités techniques, sachez qu’il en existe quatre.

  • La voie axillaire dans les plis de l’aisselle a ma préférence parce que la cicatrice finale, dans la majorité des cas, est à peine visible. Certains collègues ne l’apprécient pas car elle est plus difficile lorsque l’on veut introduire une volumineuse prothèse mammaire en la plaçant en position rétro glandulaire pré-musculaire. Elle est par contre idéale pour l’introduire en position rétro-pectorale, juste en avant des côtes.
  • La jonction aréole mamelon est aussi une voie très intéressante car située à la jonction de deux couleurs en surface, elle produit une cicatrice à peine visible. Il faut néanmoins traverser la glande mammaire pour introduire l’implant, d’où un petit risque de diminuer la sensibilité de l’aréole.
  • La voie sous mammaire est la plus utilisée dans les pays anglo-saxons car effectivement très pratique, elle donne en général une cicatrice de bonne qualité, et permet de facilement choisir le plan dans lequel on place la prothèse, éventuellement de bien nettoyer une loge précédente s’il s’agit d’un changement de prothèse. Toutefois cette cicatrice peut très vite se remarquer quand la patiente lève les bras, et ainsi trahir la présence des implants en silicone.
  • L’introduction au cours d’une plastie mammaire pour ptose (seins tombants) est la plus facile puisque les longueurs des ouvertures cutanées sont plus étendues, ainsi on profite du redrapage cutané pour l’insertion des implants. Aux États-Unis, la tendance actuelle est d’entourer de plus en plus les implants par une matrice biologique de protection fort coûteuse, et pas bien utile à mon humble avis.

Le taux de complications après implants mammaires ne varie pas vraiment en fonction de la cicatrice utilisée. Il existe donc un libre choix pour chacune, sans supériorité manifeste démontrée mais il faudra tenir compte de l’expérience du chirurgien qui va vous opérer, déterminante pour le devenir de votre intervention.

2. Quel est le volume d’implants idéal dans votre cas ?

Le volume des implants proposé par les multiples fabricants dans le monde varie entre 120 cc et 1.000 cc (centimètre cube), certains volumes « extraterrestres » peuvent être fabriqués sur demande spéciale, concernant des professionnelles du spectacle ou destinés à des porno stars. Mais au-delà de 600 cc, il s’agit d’un volume déraisonnable, entraînant tension cutanée douloureuse, accentuation de la ptose mammaire, et un caractère totalement artificiel. La moyenne des implants utilisés en Europe jusqu’en 2010 était de 280 cc, actuellement elle est plutôt de 300 cc, ce qui signifie pour les profanes la création d’un bonnet grand C en taille de soutien-gorge.

3. Quel implant a fait la preuve de ses qualités de résistance et d’imitation de la consistance d’un sein naturel ?

Depuis les anciens moratoires interdisant les prothèses en silicone dont le contenu était trop huileux avec fuites incontrôlables, on a vécu le passage aux prothèses remplies de sérum physiologique de tenue parfois remarquable, mais qui peuvent se dégonfler instantanément, avec le choc psychologique que cela représente !

Puis, à nouveau, le retour vers des prothèses siliconées très fiables, au contenu plus ferme et aux enveloppes sécurisées. Nous avons assisté à un scandale majeur, l’affaire des implants de la marque PIP dont certaines prothèses étaient remplies de silicone industriel et non pas médical, et encore plus récemment à la constatation de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (sorte de cancérisation de la paroi autour des prothèses d’un certain type macrotexturé) heureusement fort rares. Les prothèses macrotexturées sont donc interdites en France.

Il faut donc faire très attention aux types de prothèses qui sont sur le marché, les fabricants sont devenus nombreux de par le monde, armés d’une publicité toujours alléchante. Les modèles de prothèses sont très divers, anatomiques, en goutte, ronds plus ou moins projetés, faits de gels disparates plus ou moins gélatineux, avec remplissage des poches entre 80 et 98 %. Peu d’arguments statistiques et de recherches authentifiées permettent de choisir scientifiquement le meilleur implant, il faut se fier à l’expérience de l’opérateur.

Dans ces conditions, il me paraît intéressant de privilégier les prothèses fabriquées en France ou au moins en Europe, et garanties par l’Agence nationale du médicament et des dispositifs médicaux.

Il n’existe pas en France de registre national des implants médicaux mammaires, mais tous les implants défectueux doivent être déclarés. Il paraît donc raisonnable de privilégier les implants dont la paroi est assez épaisse, microtexturée ou lisse pour éviter la survenue d’un lymphome anaplasique.

4. Quelle est la place du lipofilling ou greffe de votre propre graisse dans l’augmentation mammaire ?

La technique de lipofilling permet de prélever vos cellules graisseuses pour les introduire dans un autre endroit du corps qui manque du volume. Le calibre des cellules peut être choisi en fonction de l’utilisation qu’on veut en faire, on parle de nano fat (cellule de moins d’un millimètre) pour les remplissages du visage. Par contre, pour les seins, on choisit les cellules graisseuses entre deux et quatre millimètres de diamètre. Seulement 30 à 50 % de ces cellules vont survivre après transfert immédiat, personne ne peut donner sa graisse pour vous !

En pratique, le résultat est qu’une augmentation mammaire isolée par lipofilling nous fera augmenter la poitrine que d’un demi-bonnet, quelle que soit la quantité injectée. Mais ce lipofilling peut être précieux pour estomper les bords visibles d’une prothèse sous une peau trop mince, ou pour corriger une petite asymétrie qui pourrait gêner psychologiquement une patiente très perfectionniste. On parle alors d’augmentation mammaire hybride, car le lipofilling se fait après l’implantation de la prothèse mammaire, en rajoutant en environ une heure d’opération, avec les conséquences financières qui en découlent.

En conclusion

Les progrès sont constants au niveau de la technique de fabrication des implants mammaires, il y en a même maintenant qui comportent des petits traceurs repérables par un système électromagnétique externe, et bientôt par le wifi.

Mais pour une patiente donnée, ce qui compte le plus est l’information qu’elle va recevoir de son chirurgien choisi, de faire confiance à son expérience, sans avoir l’impression de subir une influence impérative en ce qui concerne un volume ou un positionnement qui ne correspond pas à vos désirs.

Le désir d’une augmentation mammaire doit être suivi de beaucoup d’explications des avantages et inconvénients. Le choix de l’implant est au mieux effectué dans une salle d’essayage des implants, plutôt qu’imaginé par les simulations 3D qui restent dans le domaine du virtuel et parlent assez peu aux gens, habituellement.

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