Economie

les députés de la majorité réticents à jouer un second round

C’est avec fébrilité que les députés de la majorité attendent la feuille de route d’Emmanuel Macron pour les derniers mois de son mandat. Au cœur des appréhensions, le calendrier de la réforme des retraites. Si une majorité d’élus se dit prête à suivre le chef de l’Etat dans son ultime élan réformateur, et si aucun ne nie la nécessité de retrouver un équilibre budgétaire, nombreux sont les députés de La République en marche (LRM), du MoDem et d’Agir à faire preuve d’une forme de réserve et même, parfois, d’une défiance à l’idée de voir revenir l’épineux dossier des retraites au Parlement.

Trop compliqué, trop risqué, trop juste en termes de calendrier… A dix mois de l’élection présidentielle, la majorité, déjà en proie aux doutes après sa déroute aux élections régionales et départementales de juin, appréhende un scénario en particulier : celui d’une réforme paramétrique du système des retraites avec un âge de départ fixé à 64 ans, au lieu de 62 ans actuellement.

Une démarche à rebours de ses ambitions initiales. « On peut avoir une réforme en plusieurs temps mais attention, sur ce sujet-là, il faut être très clair, le système universel reste la finalité », prévient le député LRM Guillaume Gouffier-Cha, rapporteur de la première mouture de cette réforme stoppée nette par la crise sanitaire en mars 2020, après le recours décrié à l’article 49.3 par le premier ministre Edouard Philippe.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’idée de relancer une réforme des retraites avant la présidentielle divise la majorité

Une partie des députés craint qu’une simple mesure d’âge prise avant la fin du mandat ne soit pas comprise, même pire, soit considérée comme injuste par les Français, sans permettre de réformer profondément le système. « Sur ce sujet, la sagesse de Richard Ferrand est à entendre », appuie M. Gouffier-Cha. Le président de l’Assemblée nationale estime, comme d’autres, que la priorité reste la relance et la gestion de la crise sanitaire. Une réforme des retraites pourrait ainsi venir « brouiller » l’optimisme fragile retrouvé dans le pays. « Ce n’est pas une réforme que l’on doit faire envers et contre tous », juge une députée LRM, quand un autre élu LRM résume la difficulté de réhabiliter une réforme qui avait provoqué une mobilisation sociale avant l’épidémie de Covid-19.

Un engagement « très fort » de 2017

Quelle opportunité politique se présente alors pour les élus de la majorité présidentielle ? Tenir une promesse de campagne coûte que coûte pour son bilan, quitte à renoncer dans l’immédiat à des pans majeurs du projet de loi adopté en 2020, comme le système à points ou la suppression des régimes spéciaux ? « Même si c’est un sujet compliqué, la reforme des retraites est un engagement très fort que l’on a pris en 2017, défend la députée des Yvelines Marie Lebec, vice-présidente du groupe LRM de l’Assemblée nationale. Les Français nous attendent aussi sur notre capacité à reformer ce système très inégalitaire. C’est un marqueur de notre identité politique. »

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