Economie

« “L’Elon Musk des Balkans” réalise son rêve en s’offrant Bugatti »

Mate Rimac, devant une Concept One de Rimac Automobili, à Sveta Nedelja, près de Zagreb, en février 2016.

Pertes & profits. Amateurs de randonnées paisibles et de conventions citoyennes, ce modèle n’est pas pour vous. La Bugatti Chiron, l’une des voitures les plus rapides au monde, dépasse les 400 km/h et consomme 23 litres aux 100 kilomètres. A vitesse maximale, son réservoir de 100 litres se vide en sept minutes. Mais quand on est prêt à débourser 3,5 millions d’euros, pourquoi se soucier de la consommation ? D’ailleurs, Bugatti est aussi le plus petit constructeur au monde, en volume. Seuls 80 exemplaires sortent chaque année de son usine alsacienne de Molsheim (Bas-Rhin).

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Malheureusement, pour les fortunés propriétaires, la planète se réchauffe, et, dans dix ans, les monstres thermiques, même à 16 cylindres, auront quitté les circuits pour les musées. Alors, signe des temps, Bugatti, propriété de Volkswagen (VW), tombe dans les mains d’un constructeur de voitures électriques. Mais pas n’importe lequel. Cela est presque aussi extravagant que les bolides qu’il peut s’offrir. Mate Rimac est croate. Un pays plus connu pour ses plages de rêve que pour ses usines automobiles. Il a pourtant décidé, en 2009, de créer le Tesla européen. Et cela fonctionne. Certes pas au niveau de son homologue californien, mais celui que l’on surnomme désormais « l’Elon Musk des Balkans » a déjà réalisé son rêve d’installer une usine chez lui, dans la banlieue de Zagreb.

Un arrangement sans sortir d’argent

Et s’il produit désormais quelques centaines de bolides électriques, il a surtout fait fortune en fabriquant des composants pour électrifier des marques de luxe comme Jaguar ou Aston Martin. A tel point que Porsche est entré dans son capital. C’est avec lui qu’il a annoncé, lundi 5 juillet, l’acquisition de Bugatti. Un arrangement sans sortir d’argent, puisque Porsche est lui aussi une filiale de VW. Le géant allemand trouve une solution pour convertir en douceur ses diables mécaniques en fusées électriques, dépassant toujours les 400 km/h.

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On peut douter que les jouets délirants de Mate Rimac puissent contribuer grandement à sauver la planète, mais son dynamisme hors norme, dans un pays sans culture dans ce domaine, montre que tout est possible dans des temps de ruptures comme celui qui s’amorce avec la voiture électrique. Ettore Bugatti, petit génie italien de la mécanique, est arrivé en Alsace allemande en 1902, à l’âge de 19 ans. Il y restera jusqu’à sa mort, en 1947. Aujourd’hui, c’est un jeune Croate qui réalise son rêve, et vient récupérer cette marque ressuscitée, en 1998, par VW. Le renouveau de l’automobile passe par les Balkans.


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