Economie

le variant Delta hypothèque la reprise économique attendue par l’exécutif

Ne pas se réjouir trop vite. Alors que Bercy planche depuis quelques semaines sur la préparation du budget 2022, qui doit être présenté en septembre, les incertitudes s’accumulent sur la relance, censée permettre à l’économie de repartir et ouvrir la voie aux réformes de la dernière année du quinquennat, souhaitées par Emmanuel Macron.

La diffusion rapide du variant Delta sur le territoire, combinée au ralentissement de la campagne de vaccination, fait en effet craindre la possibilité d’une quatrième vague de Covid-19 à la rentrée, susceptible de bouleverser de nouveau les plans de l’exécutif. « Depuis un peu moins d’une semaine, l’épidémie regagne du terrain, le variant Delta qui est particulièrement contagieux, particulièrement inquiétant, gagne du terrain très rapidement », s’est ainsi inquiété le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur France Inter, lundi 5 juillet, évoquant la possibilité d’une quatrième vague dès la fin du mois. Fin juin, l’Institut Pasteur avait, lui aussi, émis cette hypothèse, mais à l’automne, si le rythme actuel de vaccination perdurait.

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Un tel scénario, s’il s’accompagnait de nouvelles restrictions pesant sur l’économie, comme c’est le cas actuellement dans de nombreux pays d’Asie qui ont dû revoir à la baisse leurs prévisions de croissance, pourrait mettre en péril la reprise. Voire imposer une prolongation des dispositifs de soutien aux secteurs affectés au-delà de la fin août, date à laquelle le gouvernement espère avoir débranché l’essentiel des aides.

Faut-il dès lors revoir les chiffres sur lesquels le chef de l’Etat bâtit le scénario de sa dernière année ? « Il y aura une quatrième vague à l’automne, mais est-ce que cela fera du mal au produit intérieur brut [PIB] ?, s’interroge l’économiste de Natixis, Patrick Artus. Beaucoup de gens sont vaccinés, et on pourrait sans doute se contenter de fermer les restaurants et les salles de sport. Cela n’est pas de nature à compromettre la reprise. » Le risque sanitaire n’a pas disparu « mais le scénario le plus probable reste celui d’une reprise forte, autour de 6 % », confirme Philippe Martin, le président du conseil d’analyse économique, organisme rattaché à Matignon.

« La priorité, c’est la reprise »

Début avril, dans le sillage du troisième reconfinement, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, avait dû se résoudre à ramener ses prévisions de croissance pour 2021 de 6 % à 5 %. Une estimation jugée à l’époque « sincère et prudente » par le locataire de Bercy, mais qui, depuis, a été dépassée par la plupart des organismes de prévision français et internationaux (l’Insee a indiqué la semaine dernière tabler sur 6 % en 2021). L’exécutif ne semble toutefois guère pressé de la relever, tant les nuages s’accumulent sur l’économie tricolore. « Nous maintenons notre prévision de croissance à 5 % par souci de prudence et pour tenir compte des risques d’une nouvelle vague épidémique à la rentrée », a ainsi admis Bruno Le Maire, dans un entretien au Parisien le 2 juillet.

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